Je vous parle aujourd’hui d’un livre que j’avais envie de lire depuis longtemps. Il a eu un succès colossal, des critiques dithyrambiques… Alors, j’ai décidé d’attendre que la fièvre soit retombée pour le commencer.

          Ce livre fait partie du challenge Destination PAL été 2015 et également du challenge Pavés

 

L'île des oubliés de victoria HISLOP

 

 

Résumé

 

          L’été s’achève à Plaka, un village sur la côte nord de la Crète. Alexis, une jeune Anglaise diplômée d’archéologie, a choisi de s’y rendre parce que c’est là que sa mère est née et a vécu jusqu’à ses dix-huit ans. Une terrible découverte attend Alexis qui ignore tout de l’histoire de sa famille : de 1903 à 1957, Spinalonga, l’île qui fait face à Plaka et ressemble tant à un animal alangui allongé sur le dos, était une colonie de lépreux... et son arrière-grand-mère y aurait péri.

          Quels mystères effrayants recèle cette île que surplombent les ruines d’une forteresse vénitienne ? Pourquoi, Sophia, la mère d'Alexis, a-t-elle si violemment rompu avec son passé? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets... Bouleversant plaidoyer contre l'exclusion, L'Île des oubliés, traduit dans vingt-cinq pays et vendu à plus de trois millions (estimation la plus récente)  d'exemplaires, a conquis le monde entier.

          C’est ce qu’annonce la quatrième de couverture...

 

 

Ce que j’en pense :

 

          Ce roman avait tout pour me plaire. L’histoire d’une famille, les Petrakis,  dont deux membres vont être atteints de cette terrible maladie qu’est la lèpre. Tout d’abord Eleni Petrakis dont le mari, Giorgis, pêcheur, assure la navette entre Plaka et l’île de Spinalonga qui accueille toutes les personnes atteintes de la lèpre.

         Eleni est institutrice, passionnée par son métier, son mariage est heureux, elle a eu deux enfants : Anna et Maria. Un jour, Giorgis est contraint de l’emmener à la léproserie avec un enfant, Dimitri dont les parents ont caché longtemps la maladie. Sur la rive, une femme Savina Angelopoulos, sa meilleure amie regarde la barque s’éloigner ; à côté d’elle sa fille Fotini, la meilleure amie de Maria.

          On va suivre les péripéties de leur installation sur l’île, la lutte contre la maladie les différentes formes que celle-ci peut prendre, le destin qui s’acharne… bref, ce qui aurait pu être une belle histoire s’enfonce de le pathos et rien ne nous est  épargné pour faire pleurer dans les chaumières : les destins qui se ressemblent, se répètent, les personnalités un peu trop caricaturales. Anna qui se comporte comme une princesse trop gâtée, insolente, égocentrique à fond, qui laisse toutes les corvées à sa petite sœur Maria, la presque « Sainte » et devinez qui sera la deuxième victime innocente de la Lèpre ?

          Le beau mariage d’Anna (traduction : elle épouse un homme très riche alors qu’elle n’a pas de dot) … qui entre dans une famille prestigieuse les Vandoulakis, (on a compris que prestigieux voulait dire riche, et au cas où l’on n’ait pas très bien saisi, l’auteure nous le rappellera à moult reprises) ce qui leur donne le droit d’être méprisants et arrogants. Dans ce roman, les protagonistes sont ou très gentils ou très méchants, il n’y a pas juste milieu, donc caricaturaux à l’extrême.

          Il y a des personnages attachants dans ce roman, avec bien sûr Maria qu’on adore (en fait qu’on aimerait adorer) avec la même énergie qu’on déteste Anna, Giorgis qui affronte la vie malgré les coups du sort, résigné par avance, Fotini et sa famille, les médecins qui font ce qui peuvent mais essaient de soulager et de comprendre cette maladie terrible.

          Comme l’histoire de la famille se déroule de 1903 à 1957 environ, on a droit au passage des Nazis, une autre forme de lèpre. J’aurais aimé qu’elle parle plus de la maladie, dont on n’apprend pratiquement rien.

          Je ne comprends pas pourquoi l’auteure a rajouté un secret de famille pour la génération suivante car elle n’exploite pas cette idée, et Alexis, avec son problème de couple dérisoire ne parvient pas à émouvoir car, si l’auteure est dithyrambique sur la période antérieure à 1957, l’histoire actuelle qui déclenche l’enquête laisse un sentiment de frustration.

          C’est le premier roman de Victoria Hislop que je lis, et j’avoue l’avoir lu très vite (page turner) mais j’ai été très déçue car elle avait un sujet en or et elle en fait une bluette, et je n’ai même pas réussi à éprouver de la compassion, de l’empathie.

          Pour moi, c’est de la Chick Lit (Littérature pour poussins) mais qui fait penser davantage aux  « feux de l’amour », qu’à une fresque littéraire. Parfois, on a même l’impression que Spinalonga est un paradis… Il y a quand même une chose que l’auteure aborde bien, c’est le rejet, l’intolérance dont les gens sains font preuve à l’égard des personnes malades et qui rappellent les heures sombres du SIDA dans les années quatre-vingt.

          Je suis gentille, je lui donne une note pas trop mauvaise, car pour une lecture d’été, avec un cerveau embrumé, on n’a pas besoin de réfléchir, on tourne les pages, mais je ne fais pas partie des lecteurs qui l’ont encensée, ce que j’ai par ailleurs du mal à comprendre. Une alternative aux polars pour les vacances. Et j’ai appris quelques mots de grec… et aussi, les rites crétois, les fêtes, l'importance de la religion et de la tradition, viennent relever un peu.

          Note : 7/10

         

          Une remarque au passage : je lisais en même temps le livre de Lydia Bonaventure : « La maladie et la foi au Moyen-âge », un livre très intéressant et qui apprend beaucoup de choses sur… le mal des ardents, bien-sûr…  Je vous en parlerai demain.

 

 

L’auteur :

 

Victoria Hislop 1

          Victoria HISLOP (née Victoria HANSOM) est une femme de lettres anglaise, née à Bromley en 1959.

          Diplômée de littérature anglaise à Oxford, elle a travaillé dans l'édition et les relations publiques avant de devenir romancière. Son premier roman, L’Île des oubliés, paru en 2005, a reçu le Prix de la révélation littéraire en Grande-Bretagne. Traduit dans vingt-six pays, il s'est vendu à plus de trois millions d'exemplaires à travers le monde. Elle est l'épouse du journaliste et humoriste Ian HISLOP.

          Elle vit à la fois en Grande Bretagne et en Grèce.

          Ont suivi depuis « Le fil des souvenirs » (2013) et « Une dernière danse » (2014) o et plus récemment « La vie orpheline ».

 

https://www.victoriahislop.com/les-etats-dart-de-victoria-hislop/?lang=fr

 

Extraits :

 

          Voici un florilège de ce sui vous attend si vous ne l’avez pas encore lu :

 

          « Sophia s’était toujours montrée secrète sur son passé, et au fil des ans, sa discrétion s’était dressée comme une barrière entre elle et sa fille. Alexis voyait une forme d’ironie à ce que l’étude du passé fût à ce point encouragée dans sa propre famille et qu’on l’empêche d’examiner sa propre histoire à la loupe ; cette impression que Sophia dissimulait quelque chose à ses enfants teintait leurs relations de défiance. P 19

 

          Elle ne doutait pas que l’histoire de sa mère l’aiderait davantage sur le long terme que la visite d’un énième musée. A quoi bon examiner les vestiges de civilisations disparues quand elle pouvait se nourrir de sa propre histoire ? P 51

 

          Les Athéniens étaient de vrais paons, citadins vaniteux et coquets qui faisaient rafraîchir autrefois, deux fois par mois, la coupe de leurs cheveux et de leur moustache, celle-ci définissant presqu’à elle seule leur virilité… Comme l’essentiel des Athéniens, il avait toujours vécu en ville, ce qui le distinguait du Crétois moyen, voûté et ridé d’avoir passé l’essentiel de sa vie en plein air, à fouiller la terre ou la mer pour subvenir à ses besoins. P 134

 

          Tant d’amies d’enfance de Maria avaient été mariées par leur père à un homme qu’elles n’aimaient pas et pour lequel elles devaient apprendre à cultiver des sentiments comme s’il s’était agi de géraniums en pots. La plupart des unions étaient le fruit de négociations pragmatiques, et Maria se réjouissait donc de faire un mariage d’amour. P 281

 

          Je préfère m'arrêter....

 

 

Lu en août 2015

 

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