Aujourd’hui à l’histoire, avec ce livre consacré au règne de Napoléon III et tout ce qui s’est mis en place durant le Second Empire :

 

flamboyant Second Empire de Xavier Mauduit et Corinne Ergasse

 

Quatrième de couverture

 

          Napoléon III a longtemps été décrié mais l’homme est plus complexe qu’il n’y paraît. Sous le Second Empire, entre 1852 et 1870, la France connaît des avancées spectaculaires qui la font entrer dans la modernité et dans la révolution industrielle.

          Que ce soit dans les sciences et techniques, les arts et la littérature, la politique, la vie quotidienne, l’éducation et la santé, l’architecture et l’urbanisme, le Second Empire a transfiguré la France.

          Xavier Mauduit et Corinne Ergasse nous invitent à redécouvrir, avec plaisir, l’histoire méconnue de ces vingt années flamboyantes.

          Parmi ses nombreuses escales, ce voyage à travers le temps nous conduit notamment à Paris, que le baron Haussmann transforme en ville lumière ; à Compiègne, pour assister aux somptueuses réceptions du régime ; à Bordeaux, qui envoie ses meilleurs crus à l’Exposition universelle de 1855 pour leur premier classement ; à Deauville, où le duc de Morny crée la station balnéaire emblématique du développement des lieux de villégiature, et partout en France où les hommes ont cru le progrès sans limite.

 

Ce que j’en pense :

 

          Je remercie vivement Babelio et les éditions Armand Colin qui m’ont permis de  découvrir ce livre. Je l’avais retenu pour l’opération « Masse critique » et le jour J, je me suis oubliée… mais il était encore disponible… Je précise que j’aime beaucoup Xavier Mauduit, qui officie quelques minutes sur ARTE dans l’émission « 28 minutes ». Il part d’un évènement  actuel et le met en relation avec un fait historique qu’il raconte avec beaucoup d’enthousiasme et d’humour.

          Je n’ai pas été déçue, j’ai retrouvé ce style dans l’écriture…. Ce livre est très bien structuré, les deux auteurs passant en revue le Second Empire sous toutes ses coutures : le quotidien, l’urbanisme avec les grands travaux grâce à Hausmann, l’évolution des sciences et techniques, l’économie, la culture, l’éducation, la santé…

          Les deux auteurs construisent leur livre, pour chaque chapitre, selon la date de survenue, et en fin de paragraphe, ils mettent en relief deux encarts : « Le saviez-vous ? » et « Et ailleurs ? ». On voit ainsi très bien l’évolution dans l’empire et ce qui se passe dans d’autres pays, pas forcément l’Europe.

          Ce n’est pas une période que je maîtrise bien, et cette lecture m’a permis de réviser mais aussi d’apprendre plein de détails, d’anecdotes. Grâce à l’esprit coquin des auteurs, on ne se lasse jamais, on découvre des aspects insoupçonnés des personnages influents de l’époque, et on rit. « Avoir vingt ans en 1852 laisse penser que le futur sera merveilleux. Le monde est déjà tellement différent de celui de papa et de maman. Bref, sous le Second Empire, la France a le moral ! »

          On voit bien la transformation qui a eu lieu durant le règne de Napoléon III : Paris s’est transformé au niveau architectural, pas seulement au niveau de l’urbanisme avec les immeubles, les jardins,  mais aussi les musées, l’opéra (le diplôme d’architecte est créé en 1867) donnant du travail à beaucoup de gens.

          On a tendance à oublier que le pendule de Foucault, la découverte de l’aluminium, « Après l’âge du bronze et l’âge du fer, serait-on  entré dans celui de l’aluminium ? Face à l’alu, les Français hallucinent», du téléphone, de la photographie ou de l’électricité remontent à cette période.

          Ils ont même réussi à me faire lire et aimer tout le chapitre consacré à l’économie, ce qui n’était pas couru d’avance avec moi, avec la création du Crédit lyonnais, du crédit mobilier, les grandes familles d’industriels qui se constituent, le libre échange…

          Mes chapitres préférés sont celui consacré à la culture, qui fourmille de renseignements sur la littérature, les salons littéraires, les courants, et les arts en général, et celui consacré à l’éducation : l’école, l’organisation des études primaires, secondaires, certificat d’étude, CAP sous l’égide du ministre Victor Duruy et l’évolution de la place des femmes, leur accession difficile au baccalauréat et aux études supérieures...

         C’est un beau livre, plein d’illustrations, où les auteurs jouent avec les polices (de caractères) et au milieu on trouve huit pages de photographies en couleur. Du plaisir donc, que je recommande car les jeux de mots et l’enthousiasme des auteurs nous entraînent dans la fête.

          L’histoire, abordée sous le thème de l’humour, est ainsi tellement accessible à tout public, les passionnés comme les rétifs. « La France a changé sous le second Empire et cette marque-là, on peut dire que c’est encore celle d’aujourd’hui » dit Xavier Mauduit.

          Note : 9/10

 

Les auteurs :

 

          Xavier Mauduit, agrégé et docteur en histoire, est chroniqueur sur France Inter et sur ARTE. Il intervient sur la chaîne franco-allemande Arte, dans l'émission d'Elisabeth Quin : « 28 minutes ».

          Il est auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire du XIXe siècle...

 

          Corinne Ergasse, auteure de romans historiques, est éditrice en histoire contemporaine...

 

          Je vous renvoie à deux sites intéressants :

          1-      celui de l’éditeur Armand Colin où une vidéo des deux auteurs vous donnera une petite idée du livre : http://www.armand-colin.com/flamboyant-second-empire-0

 

          2-     et celui de la Cliothèque qui propose une étude du livre : https://clio-cr.clionautes.org/flamboyant-second-empire-et-la-france-entra-dans-la-modernite.html

 

 

Extraits :

 

           Les plus belles créations de cette époque viennent de la maison Froment-Meurice, des frères Fannières ou de la maison Pouyat frères. L’empereur, lui, fait exécuter le plus grand camée des temps modernes par Adolphe David. De là à dire qu’il y a toujours eu des camées dans le monde de la mode, il n’y a qu’une ligne.

 

          A la fin du Second Empire, plus de la moitié de la capitale a été remaniée. Huit mille entreprises ont employé soixante mille ouvriers dans tous les corps de métier. Le réseau d’égouts est passé de cent à six cents kilomètres.

 

          Pourquoi Deauville a-t-elle provoqué l’intérêt de Morny ? alors que Paris est transformé par le baron Hausmann, Morny imagine son équivalent, une « sorte de Paris » transporté au bord de l’eau. Son rêve doit répondre à plusieurs critères : être proche de la capitale, respirer le luxe et bénéficier de l’économie du cheval grâce à la construction d’un hippodrome.

 

          A moins d’être de mauvaise foi, personne n’attribue au seul Napoléon III, cette réussite mais tout le monde s’accorde que l’empereur  a instauré les conditions nécessaires pour faire rentrer la France dans la révolution industrielle.

 

          A la fin du Second Empire, ce sont des millions de télégrammes qui sont envoyés. Pourtant, un seul suffit à provoquer l’effondrement du régime. En juillet 1870, la dépêche d’Ems, un télégramme prussien, est considérée comme insultante par la France qui déclare la guerre.

 

          Les œuvres crées sous le Second Empire sont le fleuron de notre patrimoine artistique, elles font partie de notre mémoire collective, mais bien souvent, elles sont déconnectées du contexte qui les a produites.

 

          Les salons couvrent toutes les obédiences politiques : opposition libérale et républicaine, orléaniste et légitimiste, des savants et des hauts-fonctionnaires. Le confinement de ces lieux permet de se réunir, sans autorisation du gouvernement, pour brocarder le pouvoir avec des charades et des jeux de mots.

 

          Pour avoir écrit « Madame Bovary », Gustave Flaubert se retrouve au tribunal. Sous le Second Empire, deux sortes d’auteurs sont particulièrement surveillées : mes opposants politiques et les écrivains dont les œuvres constituent un outrage à la morale publique et religieuse ainsi qu’aux bonnes mœurs.

 

          L’enseignement des femmes « parait si redoutable à quelques uns qu’ils seraient plus émus pour le péril de la patrie à la vue d’une femme docteur qu’à celle des Prussiens sur le pont d’Iéna »

 

Lu en octobre 2016