Je vous présente aujourd'hui un recueil de nouvelles inspirées semble-t-il de faits réels mais dont l'auteur à modifié la fin. Je le suis rendue compte qinsi qu'il est beaucoup plus difficile de commenter ce genre de livre que lorsqu'il s'agit d'un roman. Ce ui m'a pris du temps je l'avoue...

tout est bien qui finit mal de JM Cambuzat

 

Résumé

 

          Aurélien est sorti du coma et récupère peu à peu ses souvenirs grâce à Ayline qui a reconstitué le scénario de sa vie et le lui raconte jour après jour dans le centre de rééducation où il est hospitalisé. La jeune femme qui était une amie de lycée se relaie avec la mère d’Aurélien pour l’aider à retrouver le monde des vivants.

          Aurélien va donc nous raconter pourquoi il en est arrivé là. Il était un lycéen comme les autres quand ses parents sont partis en banlieue à la suite d’une restructuration dans l’usine de son père. Sa mère a obtenu sa mutation et il fait la connaissance avec la vie à la campagne, le plaisir d’aller au lycée à pieds au lieu de prendre le métro, se faire de nouveau copains, le jardin…

          Tout à coup son père décide d’acheter une maison pour être vraiment chez eux dans cette campagne qu’il aime. Mais tout ne se passera pas comme prévu car il y a un monde entre la maison rêvée et la réalité, les traites à payer, l’éloignement qui oblige à acheter une deuxième voiture, la nécessité de prendre le bus donc des contraintes horaires qui font qu’il ne peut plus s’attarder avec les amis…

          Dans la deuxième nouvelle, on assiste à une catastrophe naturelle sous la forme d’une tempête de neige d’une violence telle que l’on a décidé d’évacuer les résidents avec l’aide de l’armée. L’un d’eux fait semblant de partir, pour donner l’exemple mais revient par derrière. Il a tout prévu pour survivre : il a installé une éolienne sur le toit, le congélateur est plein, il y a un insert dans la cheminée, des provisions dans la cave. Tout à coup une voiture arrive et aveuglée par la  neige, la conductrice perd le contrôle et dérape. Le héros va la chercher et ils vont essayer de survivre tous les deux.

          Dans laetroisième récit, nous avons un cadre mandaté par son entreprise pour aller rouvrir une mine d’or laissée à l’abandon au Ghana au moment de la décolonisation avec toutes les tractations qui vont avec, ainsi que les comportements des humains dans le monde des affaires.

          Ensuite, nous avons un homme qui s’est retiré à la campagne, dans un endroit plutôt isolé et qui veut faire des économies sur tout, l’électricité, le téléphone et décide pour gagner quelques deniers de se séparer de la compagnie et change d’opérateur, liquidant en même temps son téléphone portable. Est-ce un bon choix ?

          La cinquième nouvelle, « la grande aventure » nous raconte l’histoire d’un cinéaste qui veut réaliser des documentaires animaliers, accompagné d’un  jeune assistant et leur périple en Hollande, puis en Haute Savoie, à la recherche d’oiseaux en train de s’accoupler et de nidifier. Ils sont partis, dans l’euphorie mais ont-ils bien réalisé les difficultés qui les attendaient ?

 

 

 

Ce que j’en pense :

 

          Ce n’est pas si simple de parler d’un recueil de nouvelles, on cherche les points communs qui les relient les unes aux autres et on ne les trouve pas forcément. J’ai voulu garder mon plan habituel mais cela m’oblige à des redites…

          La première, « Ayline » est belle, et l’auteur décrit très bien la descente dans la dépression, le cercle vicieux qui s’emballe, les conséquences du choix d’une personne sur la vie de toutes les autres au foyer. On ne se pose pas de questions, on sait qu’il y a eu un drame puisqu’Aurélien est dans un fauteuil roulant, sans souvenirs et sans vue. On sent bien venir que le père est en danger et représente un danger pour son entourage, mais l’auteur réussit à nous surprendre.

          Dans  « Banlieue parisienne nord », on assiste aux conséquences de la décision du héros de vouloir rester chez lui malgré les consignes d’évacuation. Bien sûr, sur le papier, il a tout prévu mais peut-on vraiment tout prévoir pour résister aux éléments ? L’auteur nous démontre que la volonté n’est pas toujours la plus forte et que dans son combat contre la nature, c’est peut-être elle la plus forte.

          Dans  « La mine d’or », l’auteur nous parle très bien de la destruction de la forêt pour l’appât du gain, de l’or. On a une belle description de la mentalité africaine avec la corruption à tous les étages, mais aussi ce vieux roi Kwamé dont la sagesse va se taire devant l’or et la richesse, il sait très bien que la richesse c’est la forêt mais il ne prendra pas la bonne décision ce qui aura des conséquences fatales, le tout avec des relents de haine vis-à-vis des Anglais qui les ont colonisés. Au passage, on déguste les rituels qui sont bien décrits.

          Dans  « la box », on sent venir la catastrophe en voyant le héros se couper de plus en plus du monde. Qui d’entre nous n’a pas été un jour confronté à une box dont les voyants ne s’allument plus ou clignotent, qu’il faut rebooter régulièrement, pour que le téléphone et internet fonctionnent une fois sur deux. Qui n’a pas eu envie de piétiner ladite box tout en sachant qu’il faut garder son calme sinon, il y aura en plus des soucis avec l’opérateur qui est à l’autre bout de la planète ? Là encore, on voit bien que le fait de prendre des risques pour faire des économies peut s’avérer catastrophique, et que la vie est fragile, un accident est si vite arrivé.

          Quant à la « grande aventure », j’avoue qu’elle m’a moins plu, peut-être parce que je voyais venir la catastrophe plus facilement, on ne s’improvise pas grand reporter animalier comme cela, même si on a du bon matériel et qu’on a, là encore tout prévu. Peut-être aussi, parce que je connais bien la montagne, habitant dans les Alpes et que je connais ses pièges.

          L’auteur a voulu nous montrer que tout acte a des conséquences, et qu’il est nécessaire de réfléchir avant de prendre une décision qui aura des conséquences sur toute notre vie future, la notre, mais aussi celle des autres qui n’ont rien demandé et vont se retrouver dans la même galère, à leur corps défendant. On voit aussi comment les éléments extérieurs peuvent modifier notre comportement : le roi africain qui trahit l’avenir de son peuple en condamnant la forêt au profit de l’or alors qu’il sait très bien qu’il commet une erreur, il persiste dans son choix. Ou les crédits, les factures qui s’accumulent et vont entraîner le père d’Aurélien dans la dépression, lui si actif et plein d’enthousiasme avant, s’enfonce et ne parvient pas à s’accrocher.

          Le titre nous prévient que la fin de chaque histoire est terrible, donc on ne cherche pas à savoir ce qui va se passer, et on se laisse porter et ainsi il ya toujours une surprise.

          Cet auteur a du talent, des idées originales et je pense qu’il doit persévérer mais en creusant plus la personnalité de ses héros, en les étoffant,  il y encore une complexité à développer davantage pour leur donner plus de relief (déjà avec le vieux roi Kwamé, il est allé dans ce sens), et c’est l’histoire que j’ai le plus aimée. L’écriture est belle, on note juste un changement de sujet passant du je à la troisième personne dans la première mais on suit quand même, donc plus de vigilance à ce niveau.

          Ah ! J’oubliais, la couverture est très belle, dans les tons orangé et bleu, un superbe coucher de soleil avec un couteau sanglant  en première ligne et un doux visage de femme souriante pour atténuer la violence de la scène.

 

Note : 7,5/10

 

 

L’auteur :

 

 

Jean Marc Cambuzat 1

Voici comment l'auteur se présente lui-même :

"Parisien de naissance, Breton par alliance, Champenois d’adoption, Périgourdin et Alsacien par gourmandise, j’aime les mélanges, l’écriture et les images.
J’ai 57 ans, marié, deux enfants, salarié de l’industrie de l’ameublement. En dehors de l’usine, j'écris, je photographie et j'expose quand j'en ai l'occasion. Je suis auto édité depuis 5 ans chez "The Book Edition" chez qui l'on peut trouver les livres présentés ici. "
 

 

On lui doit également : "De fil en aiguille", "Images encrées", " Emouvance", "Globbie" (épuisé) et "Histoires imagées" (épuisé)

 

 

Extraits :

 

          De toutes façons, si papa le disait, avec autant d’aplomb et d’assurance, c’est qu’il avait raison et que l’herbe serait plus verte là-bas. Maman était heureuse aussi, ou du moins semblait l’être. Maman conservait souvent, à chaque changement majeur, ce léger masque d’appréhension, lui-même dissimulé par un sourire complaisant. P 4

 

          A Paris, la nuit n’existe pas, jamais. Les réverbères, les enseignes, les fenêtres encore éclairées, les phares, tout illumine, tout brille. La nuit, la vraie, le noir profond, épais, palpable et tangible, celui qui empêche d’avancer, impose l’arrêt et le repos, n’existe qu’à la campagne. P 9

 

           On avait coupé le fil de la marionnette. Celui du cou ; de telle sorte qu’il pouvait agiter les bras pour se nourrir et marcher pour rejoindre le lit ou le fauteuil, mais plus jamais il ne redresserait la tête. La vie l’avait fauché net dans son élan. P 24

 

          Il aime bien la lutte, contre la nature, il sait déjà qu’il n’a aucune chance, mais quelque chose lui dit qu’il réussira à tirer son épingle du jeu . Il en est convaincu… P 31

 

          Les boubous de cérémonie éclataient de couleurs plus vives les unes que les autres, mettent en valeur ceux des chefs et de la famille  tous de  blanc vêtus. Cette abondance d’animation et de vie autour de la mort, me donnait une sacrée leçon de philosophie. Ici, à l’opposé de mon occident natal, on me montrait combien la vie était à s’y méprendre autre chose d’une question de prix. P 69

 

 

Lu en septembre 2014