Dans un autre genre, je vous propose aujourd'hui un livre proposé par masse critique  et les éditions "Presses de la cité"

 

n'oublier jamais Michel Bussi

 

Résumé

 

Jamal Salaoui arrive à Yport en février 2014. Il loge dans un petit hôtel sympathique « la sirène » tenu par André. Il est venu en vacances ici pour s’entraîner à courir sur les falaises d’Etretat.

Ce jeune homme, dont l’enfance a été difficile est éducateur dans un établissement pour jeunes gens en difficulté.

Il est handicapé et malgré une prothèse de jambe, il est déterminé à s’entraîner à la course car il s’est lancé un défi : être le premier handicapé à participer à l’ultra trail du Mont-Blanc.

Alors qu’il est en train de courir, il aperçoit une écharpe rouge de marque Burberry (détail qui a son importance) accrochée aux branches et une jeune fille apeurée, la robe déchirée qui vient de se faire violer.

En tentant de l’aider, il lui lance l’écharpe mais la jeune fille saute dans le vide devant ses yeux.

Il descend en courant, et lorsqu’il arrive près du corps, il y a deux personnes, un homme et une femme âgée avec son chien. La jeune femme est morte, avec l’écharpe nouée autour du cou. Il appelle la police. Tout semble clair et les trois personnes seront convoquées comme témoin lors de l’enquête.

Cependant, c’est loin d’être aussi simple, car selon les résultats de l’enquête, la jeune femme serait morte par strangulation avec l’écharpe après avoir été violée comme on s’y attendait. Donc, Jamal va passer du statut de témoin à celui de possible meurtrier.

Il va donc être obligé de mener sa propre enquête car on apprend que dix ans plus tôt, dans la même région deux filles ont été violées et étranglées avec une écharpe rouge de marque Burberry aussi.

Jamal rencontre en sortant de sa déposition, une jeune femme qui recherche des galets dans la région pour un laboratoire. Ils deviennent proches et elle semble croire les propos de Jamal quand tout s’emballe…..

 

 

 

Ce que j’en pense :

 

J’avais lu beaucoup de critiques élogieuses sur Michel Bussi mais je n’avais encore lu aucun de ses livres, c’est pour cela que je me suis précipitée quand Babélio l’a proposé, j’en vais vraiment envie. Je remercie vivement mon site préféré et les éditions « Presse de la cité » de me l’avoir envoyé car j’ai fait la connaissance d’un auteur qui me plaît beaucoup.

Un thriller passionnant, où se laisse embarquer malgré soi. Jamal est un jeune homme intéressant, qui cherche à dépasser son handicap et s’est fixé des directions dans la vie. L’épisode où il raconte qu’un jour alors que sa mère a été convoqué parce qu’il avait commis un petit délit, et qu’elle est allé lui acheté une croix de shérif en plastique pour qu’il suive de droit chemin est savoureux. Ses cinq directions évoquent les branches de l’étoile.

C’est lui qui est le narrateur dans le livre, ce qui donne ainsi l’impression que tout va bien se terminer pour lui. Mais, les autres témoins ne donnent pas la même version que lui, donc il devient suspect. On sent les évènements s’emballer, la machination ou du moins le piège se mettre en place.

Jamal, personnage très attachant, tout comme Mona, aime bien plaisanter, modifier la réalité donc on ne sait pas s’il nous raconte des histoires ou s’il est vraiment victime de harcèlement. A force que le hasard retombe toujours du même côté, jamais du mien, j’en suis venu à imaginer la vie comme une sorte de gigantesque conspiration, uniquement composée de membres ayant prêté serment de se liguer contre moi. P 25

On a l’impression de flirter avec la folie tout au long de ce livre, tant la situation est parfois ubuesque, et ce d’autant plus que l’auteur nous interpelle tout au long du livre, nous prend à témoin souvent, on finit par avoir l’impression de faire partie de l’histoire.

On ne sait plus, qui manipule, qui est manipulé et même s’il y a manipulation puisque c’est Jamal qui raconte les évènements. Est-il complètement paranoïaque, aurait-il eu un accès psychotique qui l’aurait poussé à commettre un ou des crimes dont il se souvient plus (n’oublions pas qu’il travaille « chez les fous » avec des jeunes qui ont eu une enfance aussi perturbée que la sienne, serait-ce un indice ?).

Quand lui a-t-on posé sa prothèse ? Question à laquelle il ne répondra jamais.

On rencontre des personnages curieux, cocasses ou énervants : les deux témoins qui se comportent bizarrement, les familles des deux jeunes femmes tuées dix ans plus tôt. Même les inspecteurs ont une curieuse façon de se comporter dans leur enquête. Rien n’est logique.

Tout est dans le psychologique, dans la manipulation des faits et des personnes. On a bien droit à des analyses ADN et autres spécialités dignes « des experts », mais on ne voit jamais s’écouler des litres de sang, ou des mutilations.

On passe de rebondissements en rebondissements sans arrêt, l’auteur ne nous laisse pas une minute de répit. Et quand on croit que l’énigme est enfin résolue, il y a un nouvel élément qui pointe son nez.

Bref, ce livre est véritable « page turner » dont on n’arrive pas à s’extraire, et on en redemande sans cesse. La fin est géniale, car on ne la voit pas venir, alors qu’on aurait pu, si on avait été attentif à des tous petits détails, à des rapports de police insérés tout au long du roman.

De la belle ouvrage, comme on dit. Je me suis précipitée à la bibliothèque pour emprunter « un avion sans elle » et « les nymphéas noirs ». Hélas, liste d’attente… il faudra patienter, ce qui entretiendra le désir de les lire…

J’espère que vous éprouverez autant de plaisir que moi en le lisant, car l’auteur sait bien nous appâter, nous ferrer et nous entraîner dans son « délire ».

 

 Note : 8/10

L’auteur :

 

 

Michel Bussi 2

Michel BUSSI est né à Louviers le 29/04/1965

Après une thèse de doctorat de géographie, il a été recruté à l’Université de Rouen en 1993.

Il est professeur de géographie et directeur du laboratoire de modélisation et traitements graphiques en géographie.

Comme chercheur universitaire, il publie depuis une vingtaine d’années des articles et ouvrages scientifiques, principalement sur la géographie politique (dont beaucoup sur la région).

Son premier roman, "Code Lupin", s'est vendu à plus de 7 000 exemplaires et a ensuite été publié en feuilleton, pendant 30 jours lors de l'été 2010 par le quotidien "Paris Normandie". Son deuxième roman, "Omaha crimes", a obtenu le prix Sang d'encre de la ville de Vienne en 2007, le prix littéraire du premier roman policier de la ville de Lens 2008, le prix littéraire lycéen de la ville de Caen 2008, le prix Octave-Mirbeau de la ville de Trévières 2008 et le prix des lecteurs Ancres noires 2008 de la ville du Havre, devant les meilleurs auteurs de polar de l'année.

Il publie en 2008 son troisième roman, "Mourir sur Seine", qui se déroule pendant l'Armada 2008 de Rouen, et qui s'est vendu en quelques semaines à plusieurs milliers d'exemplaires. Mourir sur Seine a obtenu en 2008 le prix du Comité régional du livre de Basse-Normandie (prix Reine Mathilde).

Il a publié en 2009 un nouveau roman, "Sang famille", destiné à la fois aux adultes et aux adolescents. En 2010, il participe au recueil de

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nouvelles "Les Couleurs de l'instant", avec une longue nouvelle, "T'en souviens-tu mon Anaïs ?", qui se déroule à Veules-les-Roses et traite de la « légende » d'Anaïs Aubert.

À partir de 2010, il est publié aux Presses de la Cité. Son roman "Nymphéas noirs", huis-clos qui se déroule dans le village de Giverny, sort le 20 janvier 2011. Il obtient un succès critique et populaire important, et remporte notamment le prix des lecteurs du festival Polar de Cognac, le prix du polar méditerranéen (festival de Villeneuve-lez-Avignon), le prix Michel Lebrun de la 25e heure du Mans, le prix des lecteurs du festival Sang d'Encre de la ville de Vienne (« gouttes de Sang d'encre »), le Grand prix Gustave Flaubert de la Société des écrivains normands, devenant ainsi le roman policier français le plus primé en 2011.

Salué par Gérald Collard comme le polar de l'année, "Un avion sans" elle est récompensé par le prix Maison de la presse 2012, le prix du roman populaire 2012 et le prix du meilleur polar francophone 2012 (Montigny-les-Cormeilles).

 

 

 

Extraits :

 

« Dans votre vie, vous ne rencontrez pas plus de dieu vicieux que de prof qui vous prend comme bouc émissaire. Les dieux, comme les profs, s’en foutent de vous. Vous n’existez pas pour eux.

Vous êtes tout seul.

Pour que la pièce retombe un jour de votre côté, il faut juste jouer, souvent, beaucoup, recommencer toujours. Insister. P 25

 

Le sang coulait doucement sous sa tête, formant un drap de soie rouge tiré par une main invisible, une vague écarlate qui refluait, en pente douce, vers la mer. P 34

 

Il avait l’allure d’un flic au bord de la retraite depuis toujours, comme sorti tout droit d’un film d’Olivier Marchal. Le blouson ouvert sur un torse large et un ventre épais. Une gueule surtout. Des cheveux gris mi-longs, raides, tirés à l’arrière jusqu’au bas du cou, libérant un grand front plissé de rides. Genre Marlon Brando sur la fin. P 44

 

Naïf…

Etre innocent, n’avoir rien fait de mal, n’avoir rien à se reprocher ne suffit pas.

Pas de fumée sans feu. Peu importent les preuves, peu importe la vérité, le doute s’insinue.

Malgré tout.

Malgré vous ?

Car à bien y réfléchir, n’est-il pas plus facile de croire la version des flics et des experts plutôt que celle d’un arabe infirme qui bosse chez les fous ? P 87

 

En février, Yport ressemblait à une résidence pour personnes âgées, une jolie maison de retraite au bord de la mer, divisée en plusieurs centaines de pavillons. Mieux même qu’une maison de retraite, Yport était une vieille dame qu’on ne venait plus visiter que quand il faisait beau, le dimanche, aux vacances, chez qui on amenait les petits-enfants pour meubler la conversation, faire du bruit. Une grand-mère qui possédait un grand jardin avec des herbes folles et des balançoires qui rouillent toute l’année. P 96

 

Myrtille était une fille unique, aimée, privilégiée. Ils (ses parents) voulaient que Myrtille soit jolie, pas physiquement, elle l’était déjà sans qu’ils aient rien fait pour cela ; non, ils voulaient que Myrtille soit une belle personne. P 143

 

 

Lu en avril 2014