Je l'ai lu au début du mois de juillet et son aspect "cold case" sans moyen financier ni personnel suffisant m'a plus, encore plus que le 1e tome: "Miséricorde".

Profanation Adler-Olsen

Résumé

 

           Le département V de Carl Morck est à l’honneur. Le fait d’avoir résolu la disparition de Merett Lyyngaard, députée, lui a attiré les félicitations de la police et il va recevoir la visite d’une équipe du Norvège pour visiter son bureau et voir comment il travaille.

          En guise de récompense pour avoir résolu ce « cold case », on lui octroie… une nouvelle recrue Rose qui l’exaspère au plus haut point.

          Un nouveau dossier atterrit mystérieusement sur son bureau alors qu’il revient de trois semaines de vacances bien méritées. Il s’agit de deux jeunes gens, le frère et la sœur, assassinés sauvagement en 1987, après avoir été torturés de façon atroce. Il y a eu d’autres cas de personnes torturées, certaines ayant eu ma vie sauve mais trop traumatisées pour porter plainte.

          La police a eu des soupçons à propos d’un groupe de quatre garçons : « Ditlev Pram, fondateur de plusieurs cliniques privées, Torsten Florin, designer mondialement connu, ou encore le célèbre analyste financier Ulrik Gybbol-Jensen. Ils étaient tous à la cîme de l’échelle sociale danoise, comme l’était feu l’armateur Kristian Wolf. Les deux derniers de la bande sortaient du lot. Kirsten-Marie Lassen avait elle aussi fait partie de la jet-set mais plus personne aujourd’hui ne savait où elle se trouvait. Bjarne Thogersen, qui avait avoué être l’auteur du crime et purgeait une peine de prison, venait d’un milieu plus modeste ». P 26

          Etant très riches avec des appuis solides, rien n’a pu être retenu contre eux. Le dossier a donc été classé.

          Quelques années plus tard, Bjarne, le plus pauvre de la bande se dénonce car, la police s’intéressait à nouveau au groupe, l’un d’entre eux Kristian ayant été retrouvé mort pendant une chasse.

          Comme dans le premier livre, Carl a très peu de moyens à sa disposition et les supérieurs lui mettent les bâtons dans les roues. Mais, son supérieur cherche à le manipuler en lui faisant miroiter la visite de l'équipe norvégienne qui sert tour à tour de carotte et de myen de pression.

 

Ce que j’en pense :

 

          Ce deuxième roman de la série (après « Miséricorde » qui m’avait déjà bien plu) est beaucoup plus abouti que le premier. Les personnages s’étoffent ; on en apprend plus sur l’inspecteur Morck et sur son fidèle assistant Afez El Assad, qui travaille en harmonie, se complétant à merveille. L’arrivée de Rose ajoute du piment. Au début, Carl a du mal à la supporter avec sa voix aigüe, sa chevelure rousse, sa manière de vouloir occuper l’espace (déjà plutôt restreint dans le sous-sol).

          Le personnage de Carl Mork est de plus en plus attachant. Ce colosse, pas encore remis du drame où un de ses collègues est mort et l’autre, Hardy, son ami, allongé sur son lit d’hôpital qui ne pense qu’à la mort. Il voudrait tant faire quelque chose pour soulager sa souffrance, à part ce que son mai lui demande bien sûr. Jusqu’où peut aller l’amitié ?

          De même, voir Carl, amoureux de sa psy, et qui s’y prend de façon maladroite sans cesse avec elle, est à la fois drôle et émouvant. Son caractère buté nous amuse : quand on lui confie une enquête, il rechigne et Assad et les autres doivent faire preuve d’énormément d’ingéniosité pour trouver les éléments qui vont lui donner envie de s’y intéresser. Par contre, il suffit de lui dire de laisser tomber pour que, tout d’un coup, il s’y intéresse et ne veut plus lâcher….

          Dans ce 2e tome, on en apprend davantage sur Assad, dont la vie est beaucoup moins simple qu’il n’y parait dans le 1e tome.

          Un personnage est très attachant, c’est la femme du fameux groupe : Kimmie. C’était une femme qui vivait dans des conditions aisées autrefois, avant qu’elle ne quitte le groupe. Elle est devenue clocharde et arpente la gare et les coins mal famés. Elle veut se cacher des trois autres. Cette jeune femme, encore belle, a été brisée. Elle a vécu une enfance terrible avec un père violent et une belle-mère qui la déteste. Elle n’a connu que la violence toute sa vie. On comprend l’emprise de la bande sur elle, mais aussi l’auteure nous fait très vite comprendre qu’elle est comme eux, ou du moins qu’elle a été comme eux et qu’elle essaie de survivre pour se venger de ce qu’ils lui ont fait. Malgré cela, on a envie qu’elle s’en sorte alors qu’il est impossible d’éprouver de l’empathie pour les autres.

          Quand elle marche, sa valise à la main, dans la gare, elle passe devant une photo à la une d’un journal qui vante les mérites de Ditlev Pram qui vient de racheter des hôpitaux privés en Pologne et elle crache par terre en grommelant « sales porcs ». Elle entend des voix qui lui parlent et lui disent de se venger. On sent qu’elle a un terrible secret mais il faut attendre pour le découvrir et on ne regrette pas d’avoir attendu !!! Terrible secret qui ajouté à des années de violence et de prise de stupéfiants et d’alcool ont révélé une pathologie mentale.

          Ditlev entre en scène, tout de suite après, et on apprend qu’il est à sa recherche pour se débarrasser d’elle. « Son unique souci dans la vie s’appelait Kimmie. il y avait dix ans maintenant qu’il vivait avec l’image obsédante de la clocharde qu’elle était devenue, et il en avait assez. » P 35.  Lui et ses copains étant inquiets après la mort de Kristian. C’est un être malsain, horrible, violent, sadique qui ne pense qu’à faire du mal aux autres. Il terrorise tout le monde dans la clinique. Il frappe les femmes et les viole.

          Tous les trois sont dans le même « trip» : frapper à mort, torturer les humains comme les animaux lors de chasses privées… après avoir sniffer de la cocaïne  et s’être bien excités après avoir revu pour la énième fois le film « orange mécanique ». Un rituel mis en place et peaufiné depuis des années.  Frapper les autres, avoir droit de vie ou de mort sur eux, est pour eux source de plaisir allant jusqu’à un véritable orgasme.

          Ils sont abjects avec tout le monde, car leur argent, leurs relations dans le milieu politique et juridique leur assure l’immunité. Personne n’est en droit de les juger, ils sont intouchables et surtout n’ont pas conscience de faire le mal. C’est un jeu pour eux, mais Carl n’a peur de rien, donc leurs petits manèges ne l’arrêtent pas même quand ils s’en prennent à lui physiquement.

          Ils s’attachent les faveurs des gens qui ont des postes de pouvoir en organisant pour eux des « chasses » abjects où ils tuent des animaux lâchés exprès devant eux donc un carnage pur et simple et chaque fois deux personnes tirées au sort on t droit à une chasse spéciale : des animaux agressifs exotiques et là, ils ont une imagination débordante pour avoir leurs décharges d’adrénaline…

          Bref, un deuxième livre encore mieux réussi que le premier, car l’enquête est dure, les relations des les héros avec leur entourage prennent de l’épaisseur, j’ai passé un très bon moment scotchée au livre jusqu’à la dernière page et je n’attend qu’une chose : lire le prochain !!!!

 

L’auteur :

 

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Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar est né le 2 aout 1950, à Copenhague est un auteur de polars Danois.

Fils d'un docteur en psychiatrie, il a étudié la médecine, la sociologie, le cinéma et la politique. Un parcours personnel qui lui permettra d'écrire sur des sujets aussi variés les uns que les autres.

Il commença sa carrière avec des thrillers internationaux tel que :

The Alphabet House , The Company Basher et The Washington Decree , pour finalement se tourner vers des polars danois.

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 Ancien éditeur, il connaît un succès sans précédent en Europe et de nombreux prix avec les enquêtes du  Département V mené par l'inspecteur Mork et son assistant Afez El Assad,  section spécialisée dans les affaires classées au Danemark. Cette série best-seller devrait au total compter onze volumes.

Cette série a été récompensée par les prix scandinaves les plus prestigieux: le Prix de la Clé de Verre du meilleur thriller scandinave, le Prix des Lauriers d'Or des Libraires et le Prix des Lecteurs du meilleur livre danois.

En France, Miséricorde a été récompensé par le Grand Prix des Lectrices de ELLE 2012 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2013.

La série est traduite ou en cours de traduction dans plus de 40 pays, et s'est déjà vendue à plus de 10 millions d'exemplaires dans le monde.

 

 

 

 

Extraits :

 

          C’est mon tour de subir leur violence. Je ne vais pas y couper. Il n’y a que ça qui les fasse jouir. Ça ne peut pas se terminer autrement.

Son cœur bat si fort à présent qu’il lui fait mal. P 10

 

          « La plupart d’entre vous savent comment ça marche. Deux d’entre vous vont tirer des bâtonnets plus courts que les autres. Ceux qui auront cette chance iront échanger leurs fusils contre des carabines. Ceux-là ne chasseront plus à la plume mais auront l’opportunité de rapporter la proie très spéciale du jour. Vous êtes prêts ? »

          Deux ou trois invités jetèrent leurs cigares et les écrasèrent sous le talon de leurs bottes. Chacun avait sa façon à lui de se préparer mentalement à la chasse.

          Ditlev sourit. Ces chasseurs représentaient l’essence même des hommes de pouvoir. Egocentriques et sans scrupules. P 81

 

          Kristian fonda le groupe. il avait deux ans de plus que ses camarades, il ne respectait personne et tous l’admiraient. Il avait toujours de l’argent sur lui bien que ce fût contraire au règlement du lycée. Il était loin d’être bête ; et ce ne fut pas par hasard qu’il choisit Ditlev, Ulrik et Bjarne pour faire partie de sa bande. Ils étaient comme lui. Inadaptés. Ils haïssaient l’école et toute forme d’autorité. Ces points communs les réunirent et le film « Orange mécanique » souda leur bande. P 127.

 

          Carl examina le décor dans lequel elle évoluait… Des couleurs claires dans une pièce lumineuse…. Tout cela était tellement en ordre. Pas la moindre fantaisie susceptible de distraire le patient. Et pourtant, quand on se trouvait là, allongé sur son divan, l’âme à nue, sa seule présence rendait impossible toute autre pensée que celle de lui arracher tout ses vêtements sur-le-champ. P 251

 

          Il acquiesça sans mot dire, essayant en vain de se montrer reconnaissant. Kyle Basset était devenu exactement comme ceux qui l’avaient tyrannisé jadis. Un homme sans empathie. Il venait de le prouver à l’instant. Qu’ils aillent se faire foutre, lui et ses semblables… P 438.

          … en regardant ses yeux, Carl vit tout ce que Basset avait dû combattre en lui-même pour obéir aujourd’hui à cette loi qui veut que l’homme soit un loup pour l’homme. P 439.

 

Lu en juillet 2014