Un petit tour par la BD en attendant que des livres soient disponibles à la médiathèque, avec …

 Afficher l'image d'origine

Résumé de l’éditeur

 

          Le Chat du Rabbin, c'est Alger et le quartier juif au début du siècle. Celui qui regarde ce monde et qui raconte, c'est "Le Chat du Rabbin." Tout de suite, il explique pourquoi le Rabbin n'a pas plutôt un chien : "ça fait tellement longtemps que les juifs se font mordre, courir après ou aboyer dessus que, finalement, ils préfèrent les chats."

         Le chat mange le perroquet de Zlabya, la fille du Rabbin, et du coup, le voilà doté de la parole et exigeant de faire sa bar-mitsva. Les discussions vont être longues tant avec le Rabbin lui-même qu'avec le Rabbin du Rabbin. Ce chat, qui a une allure graphique à pleurer de rire, tantôt matou tendre amoureux de sa maîtresse, tantôt sournois filou, tient tête à tout le monde et ergote à n'en plus finir.

          Il ne se calme que dans la douceur des bras de sa maîtresse. Mais il lui est interdit de lui parler, alors il nous confie: "c'est la condition, si je veux rester avec elle. Ça vaut le coup de fermer sa gueule pour être heureux". Ceci ne l'empêchera pas de se mettre sur la piste des étudiants qui fréquentent l'école du Rabbin, car l'un d'entre eux a le désir d'épouser la jolie Zlabya.

 

Ce que j’en pense :

 

          Il y a longtemps que cette BD attendait dans un coin de PAL, la dernière pile en bas à gauche à moins que ce ne soit à droite, entre un manga pas encore lu de Fuyumi Soryo, un livre d’Herman Hesse, une biographie de Stefan Zweig… plus éclectique que moi, tu meurs. J’étais prête et ce premier tome était disponible à la médiathèque.

          Ce chat  gris facétieux avait tout pour me plaire, avec ses oreilles immenses, qui fait penser à un croisement chartreux – sacré de Birmanie ! Et lorsqu’il se met à parler après avoir avalé le perroquet du Rabbin, ce qu’il nie avec une totale mauvaise foi et demande qu’on lui enseigne le Judaïsme, les grands Livres (par amour pour sa maîtresse plus que par quête spirituelle), je me suis sentie en phase.

          Il est beau ce chat, il a du caractère et surtout, il n’a pas la langue de bois et il est plein de bon sens, mais peut-on apprendre la Torah à un chat, même s'il sait parler. peut-il comprendre l'enseignement?

          L’auteur est sans complaisance, il aborde tous les thèmes, liberté, libre arbitre, mensonge, et sa façon de parler des « intégristes » de tout poil me plaît beaucoup.

          Une scène très drôle : l’entretien avec le Rabbin du Rabbin…

          Les dessins, riches en couleurs,  me plaisent aussi beaucoup, on se promène avec plaisir avec ce chat donc je continue l’aventure.

 

           http://www.bedetheque.com/serie-2313-BD-Chat-du-Rabbin.html

 

L’auteur :

 

          Joann Sfar est un dessinateur et scénariste de bande dessinée, né le 28 août 1971 à Nice, France. Il a notamment coécrit les nombreux albums de la série « Donjon » et la série « le Chat du rabbin » qu’il a adapté ensuite au cinéma.

           Il a passé une maîtrise de philosophie à Nice et a suivi des cours de peinture, puis il est  entré à l’école des Beaux-Arts de Paris.

          Depuis 2010, il est devenu réalisateur avec « Gainsbourg, vie héroïque ».

          En 2013, il se met à l’écriture de romans : « Le plus grand philosophe de France » et plus récemment : « Comment tu parles de ton père », hommage à son père décédé il y a quelques années.

          Il s’intéresse aux religions et aux rapports qu’elles entretiennent entre elles.

 

Extraits :

 

          Chez les juifs, on n’aime pas trop les chiens.

          Un chien, ça vous mord, ça vous court après, ça aboie. Et ça fait tellement longtemps que les juifs se font mordre, courir après ou aboyer dessus que, finalement, ils préfèrent les chats. Enfin, pour les autres juifs, je ne sais pas, mais mon maître, lui, il dit ça.

          Je suis le chat du Rabbin

 

          La main est un  outil trop subtile pour qu’on tape les gens ou les chats avec.

 

          La pensée occidentale est une machine préhensile, prédatrice et, en dernière analyse, destructrice, m’explique mon maître. Elle met des noms sur les choses, des étiquettes, comme pour dire : « ces choses font partie de mon système, je les ai comprises. Mais, le temps de nommer une chose, elle a déjà changé, et le nom qu’on lui a donné a déjà fini de  la définir avec exactitude, et on se retrouve avec en bouche des mots vides.

 

Lu en octobre  2016