Je vous parle aujourd’hui d’un livre particulier, un recueil de nouvelles :

 

Les Nouvellaires de Sonia Frisco

 

Résumé de l’éditeur

 

          Entre songe et réalité se situent Les Nouvellaires, dans le monde des sentiments.

          Il est dit que Les Nouvellaires sont hors du temps et hors classement.

          Et Les Nouvellaires existent, car un air nouveau a soufflé sur terre.

          Quiconque les lira pourra sentir... ce souffle neuf.

 

 

Ce que j’en pense :

 

          La lecture de ce livre a une histoire : je l’ai commencé, il y presqu’un an, dans une période assez sombre de ma vie et j’ai buté sur la première « Bavardage sentimental » : la patience qui se mettait en colère, la sagesse qui faisait des siennes. Impossible de la terminer, gros méli-mélo dans ma tête. Et… j’ai reposé le livre, en prenant bien soin de le laisser à portée de vue et le balcon fleuri me faisait de l’œil régulièrement, j’ai fini par céder à la tentation…

          En fait, les autres nouvelles se méritent. Et l’épreuve du « bavardage » était nécessaire pour les apprécier car elles ont toutes un lien précieux entre elles, et posent un problème qui nous touche de près : que fait-on de nos vies ? Comment transformer nos ennuis, chagrin ou autre épreuve en leçon de vie ?

          J’ai beaucoup aimé « Presqu’il » : le titre était en lui-même évocateur et inspirant : la  belle histoire d’amour et de tolérance (et son contraire) d’une journaliste jalousée par sa supérieure qui lui confie la rédaction de la rubrique nécrologique qu’elle va d’ailleurs transformer en hommage aux rêves exaucés ou non des défunts.

          Dans « L’indélicatesse » Sonia Frisco nous montre ce que peut déclencher la médisance, à partir d’une simple petite phrase, prononcée sans même y prendre garde, alors qu’on se demande si la vie a un sens, et le rouleau compresseur de la jalousie, de l’envie, de la curiosité se met en branle… « La nature profonde de certains avait jailli dans un torrent d’ignominie. »

          Avec « Les portes éternelles », on a une autre histoire d’amour, plus proche de Roméo et Juliette, plus douce entre deux   êtres en quête d’eux-mêmes, qui veulent trouver un sens à leur vie. « Ce sont les choix qui ouvrent les chemins de la vie. »

         Comme toujours, l’écriture de Sonia Frisco m’a touchée, elle me donne l’impression de s’adresser à moi directement, comme si elle me prenait la main pour m’entraîner dans ce voyage vers la connaissance de soi, ce que Paulo Coelho appellerait  « la légende personnelle ». Les mots sont choisis de façon subtile, mais efficace, percutante et envoutante… Le néologisme du titre lui-même est déjà très évocateur du propos de l’auteure, sans parler de la couverture. Tout est soigné dans le livre, ce qui en fait un petit bijou.

         C’est le quatrième livre de l’auteure que je lis, et le charme agit, chaque fois. Je pense qu’il y a un moment de la vie où l’on est prêt pour lire certains romans ou nouvelles, il y a un cheminement, au gré des aléas de la vie.

          J’ai du mal à commenter les nouvelles en général, je ne sais jamais par quel bout commencer, j’espère que ces quelques lignes seront à la hauteur du défi et donneront envie de les lire.

          Je recommande particulièrement son « petit arbre des sentiments » qui sert de trame aux nouvelles : une belle réflexion.

          Note : 9,1/10

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Extraits :

 

          Mais, comme tout bon village, il avait aussi ses habitants avec leurs traditions et leurs principes immuables, leurs idées fixes et reçues, leurs espoirs, leurs rêves, leurs vies.

 

          Et puis, c’était sa première voiture, celle qui lui murmurait encore à l’oreille l’histoire de ses plus belles années, de son unique amour, de sa plus inoubliable jeunesse.

 

          Je veux que demeurent intacts les rêves qu’ils ont eus, aussi bien ceux qu’ils ont vécus que ceux qui ne sont restés que des rêves. Pour les premiers, ce sera un témoignage qui demeurera sur papier pour les familles. Pour les seconds, ce sera une façon de leur offrir ce qu’ils n’ont pas eu de leur vivant.

 

          Il existait en ce monde un phénomène tellement courant qu’on lui avait donné un nom, le racisme. Comme ce phénomène grandissait et évoluait dans des domaines aussi vastes que divers, on lui avait aussitôt apprêté une multitude de synonymes. On pouvait dès lors l’appeler sectarisme, chauvinisme, élitisme, xénophobie, ou encore misogynie, misandrie.

 

          Il y a une chose sur laquelle il faut toujours compter, une chose qui ne manque jamais à l’appel, une chose qui se trouve toujours dans la vie de chacun, cela s’appelle l’imprévisible.

 

          Dans l’absence de mots, elle trouva le silence. Un silence qui était espace et connaissance. Un silence qui lui disait qu’après une destruction, il pouvait y avoir une construction.

 

Lu en octobre 2016