Ce livre était depuis longtemps dans ma PAL et après le choc de « Tropique de la violence » il me fallait quelque chose de simple…

 

complètement cramé Gilles Legardinier

 

Résumé

 

          Andrew Blake est arrivé à un stade où plus rien ne l’intéresse, à l’heure où l’on fait le bilan de sa vie.

          Veuf depuis quelques années, il ne s’est toujours pas remis du décès de sa femme, s’est éloigné de sa fille et son entreprise de boites de conserve ne l’intéresse plus guère, surtout dans le contexte actuel où les jeunes loups dont les dents rayent le parquet et ne pensent qu’à une chose : moderniser, rentabiliser sur le dos des employés…

          Il cède son entreprise à sa fidèle secrétaire et avec, la complicité d'un vieil ami d'enfance, retourne en France où il a de bons souvenirs remontant à l’époque de son mariage et se fait embaucher comme majordome dans la demeure d’une femme branchée elle-aussi sur la nostalgie du passé…

 

Ce que j’en pense :

 

          C’est le premier roman de Gilles Legardinier que j’ouvre; cela faisait un moment que  je voyais passer des critiques sur les livres de cet auteur plus que prolifique… (un peu comme Amélie Nothomb) et surtout il me fallait un sas de sécurité après avoir refermé « Tropique de la violence » de Natacha Appanah afin de décompresser en mettant mes neurones en vacances…

          Pour être en vacances, c’est sûr qu’ils l’ont été mes braves neurones. Pas besoin de réfléchir comme dans certaines séries télé…

          J’ai trouvé les personnages sympathiques mais tellement caricaturaux, pleins de bons sentiments… ils arrivent à résoudre tous les problèmes des autres et on a tout : la jeune fille enceinte abandonnée par son compagnon, l’ado en rébellion qu’on essaie d’initier à la lecture et aux maths en instillant quelques doses de bienveillance et d’aide à son prochain, (le ramener dans le droit chemin disait-on autrefois…).

          On peut relever quelques « phrases choc »: « Existe-t-il un âge à partir duquel on perd la faculté de ressentir » ou bien encore « N’oublie jamais qu’un adulte n’est qu’un enfant qui a vieilli »

           « Et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » dit-on dans les contes de fées ou au pays des Bisounours. En gros, ce n’est pas mon genre de littérature; ce n’est pas une découverte, c’était même couru d’avance ; d’habitude, dans les cas de fatigue extrême, je prends un polar et il y a de fortes chances pour que je reprenne un polar ou des BD à l’avenir dans ce genre de situation.

          Bref, un roman vite lu, et probablement vite oublié comme on peut avoir envie d’en lire à la plage en train de buller.

          Note : 6/10

 

L’auteur :

 

          Né à Paris en 1965, Gilles Legardinier travaille sur les plateaux de cinéma américains et anglais, notamment comme pyrotechnicien. Il réalise également des films publicitaires, des bandes-annonces et des documentaires sur plusieurs blockbusters.

          Il se consacre aujourd’hui à la communication pour le cinéma pour de grands studios et aux scénarios, ainsi qu’à l’écriture de ses romans. Alternant des genres très variés : littérature pour enfants, thriller, roman humoristique…

         Son roman « Demain j'arrête ! » obtient un grand succès…

 

 

Extraits :

 

          Depuis déjà  longtemps, il était sensible à ces choses qu’on fait pour la dernière fois, souvent sans même s’en rendre compte. Un évènement précis lui en avait donné la conscience : son dernier dîner avec son père, un simple repas à la fin duquel sa mère les avait prié de finir leurs assiettes en riant, parce qu’elle ne voulait pas manquer son film à la télé. De quoi avaient-ils parlé ? De tout, de rien. Ils avaient bavardé avec l’insouciance de ceux qui croient qu’ils pourront toujours sen dire plus le lendemain. Une rupture d’anévrisme survenue la nuit même en avait décidé autrement. Et ce moment si banal était devenu essentiel ultime.

 

          Depuis il redoutait que la vie ne lui retire les choses auxquelles il tenait. Pire, il en avait gardé la peur de la voir lui prendre les gens qu’il aimait. Il en avait conçu une philosophie intime : tout apprécier à chaque seconde, parce que tout peut s’effondrer à chaque seconde.

 

          Certains objets ont le pouvoir d’abolir le temps, mais jamais la peine. Le réconfort qu’il vous procure se paie. Le bonheur qu’ils semblent raviver s’en va d’autant plus loin quand vous les relâchez, comme le ressac d’une vague.

 

          Il en avait connu beaucoup de cette espèce, ceux qui viennent pour vous écouter mais qui ne parlent que d’eux, ceux qui étalent devant moins chanceux qu’eux pour se sentir encore plus puissants.

 

          Quand on est jeune, on a peur de ce qui commence. On ne sait pas. Quand on est vieux, on a peur de ce qui risque de finir. On sait bien assez de choses mais on n’a plus l’occasion de s’en servir.

 

Lu en août  2016