Je vais me contenter de critiques courtes du fait de ma fatigue extrême et du retard que j’ai pris dans la rédaction de mon blog… Aujourd’hui, place à un polar…

 

le vol des cigognes

 

 

 

Quatrième de couverture

            Un ornithologue suisse est trouvé mort d'une crise cardiaque... dans un nid de cigognes. Malgré cette disparition, Louis, l'étudiant qu'il avait engagé, décide d'assumer seul la mission prévue : suivre la migration des cigognes jusqu'en Afrique, afin le découvrir pourquoi nombre d'entre elles ont disparu durant la saison précédente...

          Parmi les Tsiganes de Bulgarie, dans les territoires occupés par Israël, puis en Afrique, Louis court d'énigme en énigme et d'horreur en horreur : observateurs d'oiseaux massacrés, cadavres d'enfants mutilés dans un laboratoire... Les souvenirs confus de son propre passé - ses mains portent des cicatrices de brûlures depuis un mystérieux accident - se mêlent bientôt à l'enquête. Et c'est au cœur de l'Inde, à Calcutta, que surgira l'effroyable vérité...

          Suspense, imagination, vérité documentaire : ce thriller captivant, véritable coup de maître, est le premier roman de l'auteur du best-seller "Les Rivières pourpres."

 

Ce que j’en pense

          j'ai eu envie de lire ce livre car j'avais bien aimé "Les rivières pourpres" lors de sa parution, mais j'avais été déçue par l'adaptation au cinéma. dans le cas présent, le film m'a plu donc envie de lire le thriller.        

           J’ai bien aimé cette histoire, bien construite, documentée. On suit les vols de cigognes sur lesquelles on apprend au passage quelques détails sur leur vie, leurs migrations et peu à peu le mystère s’épaissit. La crise cardiaque de Böhm, cet ornithologue retrouvé mort la tête dans d’un couple de ses chers volatiles nous emmène très loin.

            On comprend très vite que notre héros Louis Antioche est mêlé de près à tout cela de beaucoup plus près qu’on ne le pense au départ.Son histoire est peu banale, ses parents sont morts dans un incendie durant la nuit du coup d’état de Bokassa, Il en garde une marque indélébile, avec des mains brûlées, sans empreintes digitales comme s’il n’existait pas face au reste du monde car pas identifiable ainsi qu’une amnésie totale de cette fameuse nuit. Il a été adopté mais ses relations avec ses parents adoptifs sont vraiment très étranges.

         Le récit est captivant, addictif car il mêle l’histoire des cigognes qui ont disparu, leurs migrations et le parcours de Louis sur leurs traces avec les rencontres qu’il fait à la recherche des correspondants que Böhm lui a donné dans tous les pays concernés par ces migrations, certains mourant tragiquement au fur et à mesure que Louis avance dans ses découvertes, et toutes ces personnes que l’on retrouve mortes, le thorax ouvert au bistouri, le cœur enlevé.

            On fait ainsi un voyage palpitant en Bulgarie, Israël, République centre-africaine, puis l'Inde. On croise des personnages hauts en couleurs : Bokassa son coup d’état, l’exploitation des travailleurs dans les mines de diamants réduits à l’état d’esclavage.

            J’ai révisé l’histoire de Bokassa et de son pays (je me souvenais bien des « diamants offerts au président Giscard » et de son couronnement fastueux, mais je n’avais pas trop approfondi à l’époque…

            L’histoire du peuple tzigane, ses origines, les persécutions dont il a été victime si souvent m’a également beaucoup intéressée. De même que le « trafic d’organes », notamment de greffes cardiaques, et les dessous d’une association humanitaire a priori sans reproches…

            Mais, il y a un mais !!!! les conditions de prélèvement des cœurs sur des sujets vivants, m’a révulsée, de la barbarie et on soupçonne très vite qu’un médecin psychopathe se cache derrière cela, une sorte de  disciple de Mengele !!!!

            Un thriller bien construit passionnant mais parfois aux limites du supportable, du dégoût devant autant de cruauté, mais qu’on ne lâche pas avant la dernière page car Louis et ses mains brûlées lors d’un incendie quand il était enfant, est sympathique de même que d’autres personnages dont on fait la connaissance au cours du roman et on veut connaître son histoire et tout savoir, tout comprendre…

            Note : 7/10

 

Extraits

 

 

            « Böhm était là, allongé sur le dos, bouche ouverte. Dans le nid géant, il avait trouvé sa place. Sa chemise débraillée découvrait son ventre blanc, obscène, maculé de terre. Ses yeux n’étaient plus que deux orbites vides et sanglants. J’ignore si ces cigognes apportaient des bébés, mais elles savaient s’occuper des morts. P 12

 

 

            Mon cœur courrait au galop. Le Centrafrique avait été la dernière adresse africaine de Böhm. Ce pays tristement célèbre pour la folie de son tyran éphémère, l’empereur Bokassa. Cet éclat de jungle, torride et humide, enfoui dans le cœur de l’Afrique – enfoui aussi au plus profond de mon passé. P 27

 

 

            J’ai connu tant de bidonvilles aux abords des grandes villes de Bulgarie, de Yougoslavie, de Turquie. Des baraques agglutinées, dans la boue, où survivent des familles sans métier ni avenir, en lutte contre un racisme sans trêve. Parfois, ce sont des attaques directes, violentes. D’autres fois, le système est plus raffiné. Il s’agit de lois et de mesures légales. Mais le résultat est toujours le même : les Roms, dehors ! P 84

 

 

 

            « C’est la seule route goudronnée de Centrafrique, expliqua Gabriel. Elle mène à Berengo, l’ancien palais de Bokassa. »  Le soleil s’était adouci, le vent de la vitesse était chargé de parfums tendres et suaves. Nous croisions des êtres orgueilleux, marchant au bord de l’asphalte, avec cette grâce qui n’appartient qu’aux Noirs. Une nouvelle fois, les femmes me coupaient le souffle. Tans de fleurs solitaires, grandes et souples, déambulant si naturellement dans les herbes hautes. P 230

 

 

 

            D’ailleurs, les Centrafricains ne parlaient pas des animaux comme l’aurait fait un Européen. A leurs yeux, il s’agissait d’êtres supérieurs, au moins égaux aux hommes, qu’il fallait craindre et respecter, et auxquels on prêtait des sentiments secrets et des pouvoirs parallèles. Ainsi, Beckès ne parlait de « la » Gorille qu’à voix basse de peur de la « vexer » et racontait comment, le soir, la Panthère pouvait briser le verre des lampes de son seul regard. P 240

 

 

 

Lu en juin 2016