Je vous parle aujourd’hui d’un livre classé dans la catégorie « Essais », choisi lors du dernier « masse critique » organisé par babelio.com... 

 

impertinences de François Lefort

 

 

Résumé

 

          L’auteur nous propose ses réflexions sur divers sujets qu’il classe par ordre alphabétique, mêlant ses propres réflexions et les citations d’auteurs.

 

Ce que j’en pense :

 

          Comment une erreur sur le nom de l’auteur peut-elle réserver bien des surprises et des réactions contradictoires ?

          J’ai choisi ce livre parce que je me suis trompée : j’ai lu François Lelord (psychiatre à qui l’on doit entre autres « le voyage d’Hector » et « les troubles de l’estime de soi » coécrit avec Christophe André), donc coché parmi quelques autres sans vérifier !!! et en plus, un titre très accrocheur « impertinences », vu mon côté rebelle…

          J’ai réalisé en lisant le courriel mais surtout en recevant le livre. Donc, dans un premier temps, j’ai un peu râlé, pour ne pas dire beaucoup, surtout que l’auteur fait référence à Dieu très souvent (et en ce moment, j’ai un peu du mal…) et j’ai eu du mal à m’y mettre.

          Après l’avoir reposé plusieurs fois, et avancé sur le mode tortue, (je lis tant de pages par jour pour l’avoir fini à temps pour ma critique) il y a eu un déclic et j’ai enfin pu m’y plonger. En fait, comme le dit son éditeur, « c’est comme si on ouvrait une vieille malle dans un grenier », on fouille, on pioche, on trouve aussi des pépites telle cette définition : Images de Dieu : Dieu est une jolie femme noire. P 130, ou cette définition : Liberté: quand il n’y a plus de liberté, il n’y a plus de vérité. L’homme soumis accepte de perdre l’essentiel. P 15

          François Lefort livre ainsi ses réflexions en alternance avec des citations : Voltaire,  Einstein, Hubert Reeves, Graham Greene, Anna Gavalda, Nelson Mandela, Germaine Tillon, et des phrases de Religieux : Benoît XVI,  l’Abbé Pierre et d’autres moins connus (de moi bien-sûr). Il aborde tous les sujets, notre époque, l'existence, la foi, le silence, la famille, le rêve,  sans tabous. Je ne suis pas toujours d'accord avec ses interprétations mais certaines phrases sont percutantes.

          Cette alternance ajoute de la légèreté ou parfois de la force aux propos, modifie le rythme de la lecture.

          Ex : Voltaire: « les meilleurs livres sont ceux dont les lecteurs font eux-mêmes la moitié » ou Mandela : « la liberté ne se marchande pas, votre liberté et la mienne dépendent de cela. » ou  de Gaulle : « Les grands hommes naissent des circonstances ».

          Je l'ai lu du début à la fin, progressant avec lui dans l'ordre alphabétique qu'il avait choisi, mais on peut l'ouvrir au hasard, ou en cherchant un thème qui plaît...

          Un joli florilège que j’ai pris du plaisir à lire et dans lequel, je retournerai fouiller de temps en temps… et donc un grand merci à Babelio et aux éditions « Chemins de traverse » sur Bouquineo.fr. je signale au passage que la couverture est très jolie, originale. Je ne regrette pas de m'être trompée de nom, j'ai même envie de lire d'autres livres de cet auteur....

          Voici le lien pour découvrir le site : http://www.bouquineo.fr/products/impertinences

          Note : 7/10

 

 

L’auteur :

          François Lefort, prêtre et médecin humanitaire, a passé l'essentiel de sa vie professionnelle dans le Sahara ou en Afrique. Il a écrit plusieurs livres, en particulier sur le désert, les bidonvilles de la région parisienne et ses missions humanitaires. Il a été membre de plusieurs cabinets ministériels.

          On lui doit, entre autres : « Le désert de l’homme fou », « on ne piétine pas les étoiles » ou encore  « Bonjour, je viens mourir chez vous »

          Voici un très bel article sur  dans le journal « Le point » :

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2007-01-17/les-quatre-vies-du-pere-lefort/920/0/6836

 

Extraits :

 

          Les Autres : j’existe, je ne suis pas seul, les autres me font vivre, ils sont la source de mon bonheur.

          L’enfer, c’est la solitude. Dire le contraire est une provocation diabolique. P 25

 

        Créationnistes : Darwin avait tort sur un point, il y a des être qui n’évoluent pas : les fondamentalistes créationnistes en particulier, les imbéciles en général. P 62

 

          Crédulité : la crédulité n’a jamais fait avancer la Foi. Or, nous sommes à une époque de crédulité triomphante. Elle donne plus de place à la technique qu’à la science, à la rumeur qu’à l’information, à l’émotion qu’à la logique. On se moquera de notre époque. P 63

 

          Désir : l’amour est avant tout tourné vers le désir. La meilleure preuve, c’est que les amours inaccomplies durent beaucoup plus longtemps que celles qui ont été pleinement réalisées. P 75

 

          Dictature : je ne suis pas sûr que les Irakiens ou les Libyens soient plus heureux aujourd’hui que du temps de Saddam Hussein ou de Kadhafi. Il y a des jours où je me demande si on ne s’est pas mêlé de ce qui ne nous regarde pas. P 78

 

          Ecouter : pourquoi avons-nous deux oreilles et seulement une bouche ? Pour que nous écoutions deux fois plus que nous parlons. P 87

 

          Gourmandise : la gourmandise n’est pas un péché ! Quel est le cerveau ramolli qui a pu inventer ça ? P 118

 

          Monde : le monde est une comédie pour celui qui vit et une tragédie pour celui qui pense. P 168

 

          Péchés capitaux : les sept péchés capitaux aujourd’hui : Violence. Corruption. Fanatisme. Drogue. Pollution. Intolérance. Gaspillage. P 192

 

          Présent : le temps n’existe pas, c’est le présent qui est éternel. P 206

 

          Purgatoire : après ma mort, j’espère que je pourrai prendre une douche avant d’avoir la joie de me trouver devant Dieu. J’aurai besoin de me débarrasser de ce qui est mauvais en moi et m’a gâché la vie. P 214

 

          Rêver : non pas rêver sa vie mais faire vivre ses rêves. P 225

 

Lu en juin 2016