Je vous parle aujourd’hui d’un livre lu dans le cadre de « Masse critique » jeunesse et j’en profite pour remercier mon site préféré Babelio.com ainsi que les éditions Fleurus pour m’avoir permis cette aventure:

 

Wild Song Janis Mackay

 

Résumé

 

          C’est l’histoire d’un jeune ado, Niilo qui devient violent et terrorise tout le monde dans la famille. Il fait des cauchemars terribles qui l’obsèdent et passe ses journées à jouer les pickpockets « Il y a quelque chose d’excitant à être pris en chasse. Tout le monde hurle, tout le monde m’agrippe, mais je suis rapide. Glissant comme de l’huile ». P 11

           Il a treize ans et plus personne ne sait comment s’y prendre avec lui. Sa mère pleure, son père s’énerve. Seul son petit frère Tuomas lui voue une grande admiration.

          Il n’a qu’une envie : mettre suffisamment d’argent de côté (produit de ses vols) pour partir à l’aventure le jour de son quatorzième anniversaire.

          A la suite d’une énième scène de violence, la famille décide de le placer dans une école spéciale : l’Ecole Sauvage sur une île, dont il est impossible de s’échapper. La traversée est terrible car il souffre du mal de mer. C’était une de ces îles finlandaises dont on fait le tour à pied en  vingt minutes environ.  Un rocher dans l’océan, encerclé par la mer.

          Il refuse tout contact, reste dans sa chambre, boude la cantine, tape contre les murs. On finit par le confier à un éducateur particulier, Hannu qui arrivera à établir un contact a minima : cueillette de fruits, promenade à pieds, nager…

 

Ce que j’en pense :

 

          Au premier abord, on se dit que cela va être « Mission impossible » pour Hannu, tant Niilo est violent, refusant tout contact, enfoncé dans la bulle qu’il s’est créée et qu’il appelle sa « capsule ». Peu à peu on s’attache à ce gamin, on devine qu’il y a une souffrance terrible, un secret enfoui profondément. Comment mettre des mots sur cette souffrance, quand on ne sait même pas d’où elle vient, ce qu’elle signifie.

          Le roman nous raconte aussi la relation à l’adulte, comment on peut apprivoiser cet ado, de façon quasi intuitive car Hannu reconnaît quelque chose en Niilo, sa propre « nature sauvage » et comment une simple phrase « tu as le nord en toi » peut ouvrir un chemin vers le secret enfoui.

          La confiance qui s’établit, peu à peu va permettre une évolution, un parcours initiatique, comme un rituel de passage à travers une évasion spectaculaire.

          L’auteure nous raconte la Finlande, ses îles,  ses légendes, les chants chamaniques, les ancêtres Sami et le mode de vie et de transmission en Laponie et on fait  ainsi un beau voyage, à la découverte de la Nature, des éléments, de la liberté, de son chant intérieur, le Yoik, chant sauvage qui se transmettait autrefois de maître à disciple…

          J’ai beaucoup aimé ce récit et je pense qu’il plaira aux ados et aux adultes car on est tous à la recherche de sa vérité, de sa liberté… J'espère vous avoir donné envie de le lire.

          Je remercie encore Babelio et les éditions Fleurus pour cette belle découverte. J'ai très envie de lire un autre roman de Janis Mackay pour continuer à explorer son univers.

         Note : 7,7/10

 

 

L’auteur :

 

          Janis Mackay a toujours rêvé d'écrire. Mais elle a beaucoup voyagé et exercé des activités variées avant de réaliser ce rêve. Elle a été journaliste, a travaillé comme professeur d'art dramatique, a suivi des cours de creative writiing à l'Université de Sussex. Elle a été un écrivain en résidence au nord de l'Ecosse, et a ainsi écrit son premier roman.
           Elle a écrit une dizaine de livres dont une trilogie : "Magnus Fin"

           Un lien : http://www.janismackay.com/

 

Extraits :

 

          Mon père me dévisage d’un œil froid et maman n’arrêt pas de se passer les doigts dans les cheveux. L’ambiance à la maison a toujours été tendue, mais là, elle est franchement mauvaise. Même Tuomas, ce moulin à paroles ne dit rien. Il règne une drôle d’atmosphère et je ne sais pas pourquoi, mais elle me met mal à l’aise. P 13 

 

          « Tu as le nord en toi » m’a-t-il dit…  C’est comme un appétit pour les lieux sauvages, les régions du nord… j’appelle ça « l’appétit sauvage ». Je le vois en toi, Niilo, parce que je le connais en moi-même... P 36

 

          Cette nature sauvage, et le fait que tu n’étais pas fait pour l’école. J’ai lu ton dossier. Ce que tu as fait avant d’arriver ici. Tu te comportais comme un chasseur au milieu d’une ville. C’était le loup et le cerf que tu rêvais de traquer, pas les portefeuilles. Et je mets un nom là-dessus – je t’en ai déjà parlé, tu te souviens ? L’appétit sauvage. P 49

 

          En gros,  tout homme et toute créature possède son chant propre. Mais certaines personnes ne connaissent pas le leur. Ou elles le perdent. Et les gens  ne sont pas les seuls à avoir besoin d’un chant. Les animaux aussi. Même les arbres, les étoiles, tout. P 98

 

          Les gens pouvaient être cassés au fond d’eux-mêmes, et des expériences vécues par hasard, comme des chants entendus, pouvaient recoller les morceaux. P 99

 

 

Lu en avril  2016