Je vous parle aujourd’hui d’un livre qui m’avait plu, lorsque j’étais enfant, avec au passage les interprétations de Walt Disney et que j’ai eu envie de relire récemment, pour retrouver un peu le monde de l’enfance.

          J’ai lu ce livre dans une collection dite « Les grands écrivains de l’académie Goncourt », que j’achetais il y  plus de trente ans au numéro, toutes les semaines. Il y avait un roman considéré comme le meilleur de l’auteur et un livret sur la vie et l’œuvre de l’auteur en question. Au total, cent livres.

         Je précise ceci car c’est important pour la lecture.

 

Alice au Pays des merveilles de Lewis Carroll

 

Résumé

 

          C’est l’histoire d’Alice, une petite fille qui s’ennuie en compagnie des adultes, alors que sa sœur est en train de lire, (un livre où il n’y a pas d’images, quelle perte de temps !). Elle voit un lapin blanc, en habit de fête,  passer en courant, tout en regardant sa montre ?

          Elle va le suivre dans son terrier, tombant ainsi dans un puits sans fond, pour atterrir dans un monde extraordinaire. C’est alors que toutes sortes d’aventures vont lui arriver, prendre le thé avec des gens étranges, jouer au croquet en compagnie d’un flamand rose. On croise des chapeliers fous, des tortues dépressives…

 

Ce que j’en pense :

 

 

          Lewis Carroll nous fait voyager au pays de l’absurde, de la folie. A travers les métamorphoses du corps d’Alice qui grandit ou devient minuscule, on peut imaginer ce qu’est le monde extérieur vu par les plus petits (ou les plus grands) que soi, et tout ce qui semble anodin peut devenir un obstacle.

           L’auteur égratigne au passage la société de l’époque avec les nobles et leur éducation rigide comme leur étiquette, (cf., les deux laquais stylés qui transmettent des invitations à jouer au criquet à la Reine et à la Duchesse), la bêtise de certains de ceux qui nous gouverne, telle la Reine qui veut couper la tête à tout le monde…

          On trouve aussi des jeux de mots et des réflexions sur le temps : battre le temps en musique, tuer le temps…

          La partie de croquet de la Reine est intéressante avec les figures du jeu de carte représentant la société, le Roi, la Reine,  le Valet et les soldats (les chiffres). De même que la façon dont est narré le procès, caricature de la société…

          Dans la version française, les jeux de mots sont difficiles à traduire et c’est dommage : la tortue fantaisie surnommée la « torturante » car elle obligeait les autres à réciter les leçons, les cours qui deviennent de plus en plus courts, l’emploi du temps, les matières qu’on apprend à l’école…

          J’ai été déçue par l’édition. Il n’y a aucune illustration, le texte et brut, sans aucune note explicative, notamment en ce qui concerne les jeux de mots. Par curiosité, je suis allée jeter un coup d’œil sur la version livre électronique et c’est totalement différent : la traduction est meilleure, il y a des notes et des illustrations.

          Un exemple : quand elle chute dans le terrier Alice croît qu’elle va traverser la terre et aller du côté où les gens marchent sur la tête. Dans mon édition : on parle d’antipodistes, dans la version électronique, on dit « anti-pattes » allusion à l’antipathie…

          Je regrette de ne pas avoir lu ce livre en anglais, car une partie de la magie semble s’être envolée avec la traduction… je vais tenter de lire la version électronique parallèlement à la version originale… dans le but de lire "La traversée du miroir".

           Lu dans le cadre du challenge XIXe siècle

 

L’auteur :

 

  

Lewis Carroll_1863

        Lewis Carroll (1832-1898), de son vrai nom Charles Lutwidge Dodgson, est né dans le Lancashire, dans un presbytère de l’église anglicane où son père était pasteur, au sein d’une famille de 11 enfants, qui étaient tous gauchers et qui bégayaient. Cette particularité et cet isolement ont influencé la sensibilité du jeune garçon doué et singulier : il reprendra les thèmes de l’inversion et du miroir, du langage désarticulé dans ses écrits.


           D’abord professeur de mathématiques sévère, il devient photographe, notamment de jeunes filles dont l’une lui inspire le personnage d’Alice et pour qui il invente des aventures merveilleuses (Alice Liddell) puis un écrivain célèbre.


           Il rédige en 1865 Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, puis la suite De l’Autre Côté du miroir en 1871, qui sont des récits fantasmagoriques dans lesquels tout est onirisme (univers du rêve). De même, La Chasse au Snark, en 1876 est un poème narratif placé aussi sous le signe de l’étrange, et de la fantaisie. Il est l’auteur de nombreux articles littéraires et scientifiques, de traités linguistiques et d’autres textes narratifs.

 

 

Extraits :

 

           Je regrette d’avoir tant pleuré ! se disait Alice en nageant et en s’efforçant de ganger la rive. Me noyer dans mes propres larmes, voilà bien ce qui me pend au nez. Un accident bizarre en vérité ! Mais tout est bizarre, aujourd’hui. P 30

 

          Si chacun s’occupait de ses propres affaires, grogna la Duchesse d’une voix rauque, le monde tournerait bien plus vite qu’il ne le fait. P 83

 

          Et bien, dit le chapelier je n’avais pas terminé le premier couplet que la Reine se levait d’un bon en hurlant : « il est en train de tuer le temps ! Qu’on lui tranche la tête ». p 101

 

          Il est plus facile d’avoir un peu plus que rien, qu’un peu moins que rien. P 104

 

          Un chien regarde bien un évêque ! dit Alice. Pourquoi un chat de regarderait-il pas un roi ? P 120

 

          Ta, ta, ta, mon enfant ! répondit la duchesse. A toute chose, il y a une morale. Il suffit de la découvrir. P 126

 

          -         Qu’appreniez-vous ? s’enquit Alice.

          -         D’abord, bien entendu, la lecture et les tritures, répondit la tortue fantaisie, et puis les différents parties de l’arithmétique : l’ambition, la distraction, la surexposition et la dérision. P 136

 

 

Lu en décembre 2015

challenge 19e