Je vous parle aujourd’hui d’un livre que j’ai découvert grâce à Alex (Mot-à-Mots) dont j’ai beaucoup aimé la critique. Je remercie vivement le service de presse de l’auteur de m’avoir permis de le lire en avant-première.

          Il s’agit de : "Sauvez Adolf Hitler" de Jean-François Bouchard

 

Sauvez Adolf Hitler de JF BOUCHARD 2

 

 

Résumé

 

          Nous sommes à Téhéran en 1943, c’est l’opération lune noire qui va permettre la rencontre de Staline, Churchill et Roosevelt à l’ambassade de l’URSS afin d’envisager à la façon dont on pourrait sortir de la guerre. Cette conférence est l’occasion rêvée pour Hitler d’éliminer les trois hommes.

          Au cours de cette entrevue, Staline annonce qu’il a fait former dix espions via le NKVD (ancêtre du KGB) dans le but d’infiltrer les SS et se rapprocher le plus possible d’Hitler, si possible dans sa garde rapprochée, afin de l’éliminer. Huit d’entre eux sont mort, l’un est très proche du but et on n’est sans nouvelles du dernier.

         Surprenant tout le monde, Churchill affirme que pour vaincre le troisième Reich qui devait durer mille ans, il ne faut pas tuer Hitler. Au contraire, le Führer étant de plus en plus fou, paranoïaque, suspectant ses généraux et autres conseillers, il faut le laisser accumuler les erreurs de stratégie pour qu’il cause lui-même la perte du régime. Pour lui, « Débarrassez-vous d’Hitler et vous aurez Rommel »

          Tous les trois tombent d’accord, mais Staline déclare goguenard, qu’il ne lui est pas possible de retrouver ses espions et il confie la tâche à Churchill.

          Ainsi entre en scène Sir John Cecil Masterman, qui dirige « Double Cross » du MI-5 ainsi que son équipe d’espions spécialisés dans « la désinformation créative ».

 

Ce que j’en pense :

 

          Ce roman nous replonge dans la deuxième guerre mondiale, et on voit évoluer des personnages historiques auxquels se mêlent des héros de pure fiction, chacun ayant une personnalité bien particulière, étudiée de façon approfondie, on ne sait jamais bien qui a existé ou non, en fait, on ne désire pas le savoir avant la fin du roman.

          J’avoue que ceux que je préfère sont les vrais personnages et assister aux coups de gueule de Churchill, qui avale autant de whiskies qu’un individu normal consomme d’eau, et ses tirades mémorables, est un plaisir infini. Je suis devenue experte en Whiskies de cinquante ans d’âge, aux couleurs ambrées…. La conférence de Téhéran est un moment d’anthologie, on visualise bien  les discussions entre les trois hommes, avec la pauvre interprète empêtré entre les tirades de Churchill et les fanfaronnades  de Staline, alors que Roosevelt, atteint par la maladie, est déjà en demi-teinte.

          Staline qui a peur de prendre l’avion et fait ainsi son baptême de l’air pour aller à Téhéran est un moment à savourer…

          Idem avec les colères noires d’Hitler vociférant qui postillonne au visage de ses collaborateurs, trouvant ainsi un exutoire à la limite de l’orgasme… ou crachant sa haine des Juifs, et des sous-hommes (en fait tout ceux qui ne pensent pas comme lui). Il est tellement obsédé par l’idée d’éliminer Churchill, qu’il fait abattre un avion qui transportait en fait l’acteur américain Leslie Howard (qui jouait le rôle d’Ashley Wilkes dans « Autant en emporte le vent »).

          Masterman m’a beaucoup plu, avec sa réserve typiquement britannique, homme fidèle tant par devoir que parce qu’il redoute sa femme, notamment vis-à-vis de Milena dont il admire l’esprit (et les mœurs) libre. Il ne se contente pas de diriger, il met la main à la pâte quand c’est nécessaire.

          L’auteur met bien en évidence les contradictions du Reich avec les surhommes géants blonds, par rapport au 1m70 d’Hitler et sa mèche brune (Gobbels, Himmler … n’étaient pas non plus conformes au prototype !!!) tous remplis de haine, de violence alors que quelques uns commençaient à douter tel l’amiral Canaris, homme lettré capable de réflexion et obligé de se méfier de tout le monde, certains, tel le SS Schellenberg,ne cachant même pas qu’ils veulent et auront sa peau.

          Evidemment, j’ai beaucoup aimé Milena Simpson-Jones, la sublime espionne aux formes voluptueuses et à la tête bien pleine, qui sera envoyée à Berlin avec pour mission d’identifier le fameux espion communiste formé aux méthodes de Beria qui n’a rien à envier, côté cruauté aux SS.

          Je ne suis pas adepte des romans d’espionnage, mais celui-ci m’a plu par le côté historique (cette période me passionne) dans lequel il se situe. L’intrigue est bonne et l’intérêt du lecteur ne faiblit pas, des surprises, des rebondissements l’attendent. Jean –François Bouchard réussit à mêler l’Histoire, les anecdotes qui l’accompagne et la petite histoire, la fiction.

          J’ai apprécié aussi les notes de l’auteur à la fin du livre qui nous révèlent les éléments historiques et ce qui est né de     l’imagination du lecteur. Un roman passionnant écrit par un auteur qui maîtrise bien cette période de l’histoire.

          Une note de fraicheur : l’amiral Canaris récitant « L’expiation », le beau poème de Victor Hugo consacrée à la retraite de Russie.

 

*****

 

L’auteur :

 


           Haut-fonctionnaire de la Banque de France, Jean-François Bouchard est un économiste, expert du monde monétaire et bancaire.

          Il est l’auteur de thrillers : « L’homme qui torpilla Wall Street », « Cent millions pour Al Qaïda ».

          On lui doit  un roman, "Sombre tango d’un maître d’échecs" publié chez Max Milo.

          Jean-François Bouchard a écrit également des  essais : « Sept leçons de sortie de crise pour Monsieur Hollande et autres monarques européens», « L’empereur illicite de l’Europe » et une biographie consacrée à Hjalmar Schacht, président de la Reichsbank puis ministre de l’Économie du Troisième Reich :  « Hjalmar Schacht, le banquier du diable ».

 

          Un lien intéressant :

          http://www.editionsthaddee.com/livres_25_sauvez_hitler.html

 

 

Extraits :

 

          « Averti  de cette nouvelle, Adolf Hitler était devenu fébrile. Vociférant projetant autour de lui force postillons, pendant cinq minutes d’hystérie, il avait martelé les mêmes ordres, en frappant du poing sur le bureau. P 16

 

          Quand deux hommes sont toujours d’accord entre eux, c’est que l’un d’eux ne sert à rien. P 80

 

          L’atout principal de Schellenberg était une éducation raffinée de gentleman, associée à un sadisme pathologique, une absence totale d’empathie et une capacité inouie au chantage, à la manipulation et au meurtre. Seule faiblesse chez cet homme, il fallait que les aspects salissants, comme l’exécution physique ou la torture de ses malheureuses victimes, fussent prises en charge par d’autres. Walter Schellenberg n’aimait pas abîmer ses impeccables uniformes Hugo Boss de la Schutzsyalffel. P 235

 

          Un bon politicien est celui qui est capable de prédire l’avenir et qui, par la suite, est également capable d’expliquer pourquoi les choses ne se sont pas passées comme il  l’avait prédit ! P 247

 

 

Lu en octobre 2015