Aujourd’hui je vous parle d’un livre qui a provoquer un élan sans précédent dans le monde entier ou presque et en tout cas une déferlante chez les ados aux USA dont un film est prévu.

 

nos étoiles contraires 4e de couverture en Français

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Résumé

 

          Hazel se bat depuis trois ans contre un cancer de la thyroïde qui en est au stade IV, c'est-à-dire avec des métastases partout, des poumons qui ne veulent plus fonctionner tous seuls, d’où la bombonne à Oxygène sur roulettes qui l’accompagne partout.

          Pour céder aux injonctions de sa mère qui s’inquiète car elle se renferme sur elle, Hazel se rend une dernière fois au groupe de parole auquel elle appartient mais qui ne semble plus rien lui apporter. Elle s’agite sur sa chaise en échangeant avec Isaac, victime lui d’un cancer de l’œil et qui, non content de lui avoir piqué cet œil, a décidé de s’étendre notamment à l’autre. C’est alors qu’elle fait la connaissance d’Augustus qui raconte avoir été opéré d’un ostéosarcome et porte une prothèse.

          Si Hazel sait qu’elle est en phase terminale d’un cancer incurable, Augustus est en rémission complète. Isaac sait qu’il va devoir être opéré pour le second œil avec un très grand risque de devenir aveugle. Nous allons ainsi suivre ce trio d’amis que le cancer rapproche, leur façon d’aborder la vie et leurs relations avec les autres, que ce soit les parents, les amis…

 

 

Ce que j’en pense :

 

          J’ai beaucoup apprécié ce livre que beaucoup de gens sur les sites littéraires, les réseaux… car cela a été un succès planétaire.

          On voit évaluer Hazel, qui sait qu’elle ne s’en sortira pas. Elle a treize ans quand on diagnostique son cancer de la thyroïde et seize ans lorsque l’on fait sa connaissance. C’est une ado plutôt sympathique, qui est consciente de son état, essaie de vivre de façon la plus normale possible mais comment la vie peut elle être belle quand on ne peut plus respirer, qu’on se promène avec sa bouteille d’oxygène partout, quand les poumons se remplissent régulièrement de liquide et qu’il faut l’hospitaliser en urgence pour aspirer tout cela.

          Elle a lu un livre qui lui a beaucoup plu : « Une impériale affliction » d’un auteur étrange Peter Van Houten qui n’a jamais plus rien écrit depuis et s’est exilé à Amsterdam. Elle lui a écrit, envoyé des courriels car le roman s’arrête brutalement, à la mort d’un personnage semble-t-il. C’est une façon géniale certes, d’achever un roman au milieu d’une phrase, mais Hazel aimerait savoir ce qui est arrivé aux autres protagonistes.

          Grâce à Gus, qu'elle a convaincu de lire le livre,  ils vont  pouvoir aller à Amsterdam  et rencontrer cet auteur, ô combien bizarre. Mais au retour, on apprend une bien triste nouvelle qui va nous attacher,  encore plus au trio.

          Les relations avec la maladie sont décrites avec leurs mots d'adolescents, qui sont devenus adultes beaucoup trop tôt, souvent bien plus que leurs parents (le père d’Hazel pleure très souvent, et c’est elle qui le rassure et le console. Il n’accepte pas cette maladie, c’est une injustice. Il sait que sa fille va bientôt mourir mais il refuse d’en parler, comme si en niant les faits, ils ne se produiront pas. Sa mère veut absolument qu’elle profite de la vie, qu’elle sorte alors qu’elle est mieux dans ses livres. Elle est persuadée qu’Hazel est déprimée car elle est mieux seule, ses préoccupations sont tellement loin de celles des autres filles de son âge.

          Ils sont tous les deux décontenancés, car c’est dur d’avoir un enfant malade, ce n’est pas dans l’ordre des choses, la mort c’est pour les personnes âgées, qui ont vécu, pour leurs enfants la vie a à peine commencé.

           Les relations entre les trois ados, sont évoquées de façon décomplexée, on parle de sexe, de premier rapport que l’on doit remettre au plus tard possible, en étant sûr d’être amoureux, que ce soit le vrai grand et unique amour de leur vie. Et, en même temps, il y a beaucoup de pudeur.

          Isaac est très attachant lui-aussi. Quand il perd la vue, il s’organise pour trouver des logiciels qui peuvent l’aider pour continuer à aller sur internet, jouer à son jeu favori. Il met un point d’honneur à se débrouiller le plus possible seul, mais n’hésite pas à se faire aidée si cela est nécessaire.

          La relation avec leurs camarades est fort bien étudiée elle-aussi, comment garder ses amis quand on est malade ? C’est une question primordiale que les gens « normaux » ne peuvent même pas imaginer : on murit trop vite avec la maladie, alors les centres d’intérêt sont à des années-lumière. Certains amis s’éloignent mais restent pas trop loin, telle Kaitlynn l’amie d’Hazel, alors que d’autres partent en courant, telle Monica, la petite amie d’Isaac. On a une scène hilarante où Isaac, devenu aveugle, et guidé par Gus,  bombarde avec des œufs la voiture de Monica qui l’a laissé tomber.

          Entre eux ils parlent chimio, médicaments qu’ils ont eu ou pas, espérance de vie… le groupe de parole les aident mais pas toujours, mais il est un lieu d’échange où peut parler de la maladie comme on veut. On les suit, dans leur intimité, même dans les toilettes où la chimio les fait vomir, parfois même avant de les atteindre,  les effets secondaires des médicaments, protéger l’autre en refusant les visites quand ils sont hospitalisés alors que la solitude est lourde.

          Tout est bien décrit, bien maîtrisé, et laisser les ados parler de leur cancer en toute liberté avec leurs mots à eux, de leurs espoirs même s’ils sont limités. Ils parlent de tout, ils n’ont pas de temps à perdre et la souffrance, comme la mort, rôde pas loin d’eux. Ils sont attachants tous les trois. Ils deviennent des étoiles filantes beaucoup trop tôt.

          Il y a beaucoup de tendresse, de maturité et de réalisme dans ce livre et l’auteur ne sombre ni dans le pathos, ni dans la caricature. C’est un véritable plaisir de lecture qui ne plombe pas le moral. Il s’adresse avant tout à des adolescents mais, en tant qu’adulte j’ai passé un bon moment. Certaines phrases sont percutantes : Se prendre la tête est un effet secondaire de mourir… Le truc avec la souffrance, c’est qu’elle exige d’être ressentie… On meurt au milieu de la vie, au milieu d’une phrase.

          La quatrième de couverture est belle; elle a été modifiée, je pense,  étant donné le succès du livre (et la sortie du film) et on y voit  des commentaires d’auteurs, de critiques littéraires, d’admirateurs…

          Un bon livre qui fait passer un bon moment, qui est rarement triste car ils réussissent à nous faire rire, à nous faire retrouver notre adolescence. Il nous fait du bien.

          Note : 8,7/10

 


L’auteur :

 

John Green, né en 1977 à Indianapolis, fait des études universitaires en Ohio et, après ses diplômes de littérature et de théologie, devient pendant six mois aumônier dans un hôpital pour enfants incurables. Il décide que cette vie n'est pas pour lui et s'oriente vers la radio et la critique littéraire.

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C'est à l'âge de vingt-cinq ans qu'il écrit son premier roman, "Qui es-tu Alaska ?", et remporte le prestigieux M. L. Printz Award du meilleur livre pour adolescents. Ce titre suscite immédiatement l'admiration des critiques, libraires et lecteurs et ne cesse, depuis, de figurer sur la liste des best-sellers dans plus de trente pays. Peu d'auteurs savent, à ce point, restituer la profondeur émotionnelle de l'adolescence.

 

« J'adore l'intensité que les adolescents mettent, non seulement dans leur premier amour, mais aussi dans leurs premiers chagrins, la première fois qu'ils affrontent la question de la souffrance et du sens de la vie. Les adolescents ont le sentiment que la façon dont on va répondre à ces questions va importer. Les adultes aussi, mais ils ne font plus l'expérience quotidienne de cette importance », confie-t-il.


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Extraits :

          Je suis allée au groupe de soutien pour la même raison qui m’avait déjà poussée à accepter  d’être empoisonnée par des produits chimiques aux noms exotiques, administrés par des infirmières formées en moins de dix-huit mois : faire plaisir à mes parents. La seule chose qui craint plus que de mourir d’un cancer à seize ans, c’est d’avoir un gosse qui meurt d’un cancer. P 17

 

          Je tenais ça de mon troisième meilleur ami cité plus haut, Peter Van Houten, le mystérieux auteur d’Une impériale affliction, le livre qui était ma bible. A ma connaissance, Peter Van Houten était la seule personne qui a)semblait comprendre ce que ça faisait de mourir alors que b) il n’était pas mort. P 22

 

          J’aurais préféré que cela ne me dérange pas de savoir qu’il avait une prothèse, mais, en fait, ça me mettait un peu mal à l’aise. Lui aussi devait être gêné par mes tubes et ma bombonne d’oxygène. La maladie est repoussante. Je l’avais compris depuis longtemps, et il y avait fort à parier qu’Augustus l’avait compris également. P 44

 

          Je sais que mes petits copains de classe avaient voulu m’aider à surmonter mon cancer,  mais ils avaient fini par comprendre que ce n’était pas possible. Tout simplement parce que mon cancer ne « se surmontait » pas. p 54

 

          A vrai dire, je souffrais tout le temps. Ça fait mal de ne pas pouvoir respirer comme une personne normale, d’être obligée de rappeler sans cesse à ses poumons  de faire leur boulot de poumons, de se forcer à accepter qu’il n’y a rien faire contre cette douleur déchirante qui entre et sort inlassablement de votre poitrine sous-oxygénée. P 54

 

          J’étais peut-être  censée détester Caroline Mathers, sous prétexte qu’elle était sortie avec Augustus, mais non. J’avais du mal à me faire une idée d’elle à travers les messages, mais elle ne me semblait pas haïssable. Elle était surtout une malade professionnelle comme moi. Et je me suis demandé si ce qu’on dirait de moi, après ma mort, se résumerait aussi à mon combat héroïque, comme si je n’avais rien fait d’autre de ma vie qu’avoir le cancer. P 110

 

          Je reçois votre courrier électronique en date du 14 avril dernier et suis, comme il se doit, impressionné par la complexité shakespearienne de votre drame. Chaque personnage dans votre histoire a une « hamartia » en béton. La sienne : être trop malade. La vôtre : être trop bien portant. Fût-ce le contraire, vos étoiles n’auraient pas été aussi contrariées, mais, c’est dans la nature des étoiles d’être contrariées. P 121

 

          Certains pensent qu’Amsterdam est la ville du péché, a-t-il ajouté quelques instants plus tard. En réalité, c’est la ville de la liberté. Et dans la liberté, la plupart des gens trouvent le péché. P 167

 

          Les canaux étaient bordés d’innombrables ormes dont les graines s’envolaient. Sauf que les graines ressemblaient à des pétales de rose miniatures et délavés. Avec le vent, ils se rassemblaient comme des nuées d’oiseaux, par milliers, on aurait dit une tempête de neige au printemps. P 170

 

Lu en juin 2015