Aujourd’hui je vous parle du T7 de mon manga préféré « Cesare » de Fuyumi Soryo , j'espère arriver à convaincre tout le monde d'y jeter un coup d'oeil...

         Ceci dit, ce tome 7 s'adresse plus aux amateurs d'Histoire...

 

cesare T 7

 

Résumé

 

          Nous avions laissé Angelo blessé pour avoir voulu protéger Cesare, alors que tous deux cherchaient à élucider le mystère de l’incendie criminel de la manufacture…

          Angelo est soigné chez Cesare, tout le monde s’occupe de lui mais il ne pourra pas assister à la messe de Noël . Etant donné l’état de santé du pape, c’est Rodrigo Borgia qui va officier à sa place à Rome au grand dam du cardinal Della Rovere. Cesare et Giovani de Médicis,dans la cathédrale de Pise,  vont assister l'archevêque Rafaelo RIARIO , légèrement en retrait .

          Pour l’occasion il porte le superbe habit de pourpre, très lourd que lui a fait confectionner Rodrigo, ce qui déplaît beaucoup à l'archevêque, car trop ostentatoire. La cathédrale est fermée à tous les non prélats donc, Miguel ne pourra pas accompagner et protéger Cesare.

          Après la messe Cesare s’attarde sur les lieux, devant notamment le tombeau d’Henri VII, empereur (saint empire romain germanique) donc étranger au clergé, reposant dans ces lieux saints. Serait-ce une provocation des Gibelins ? Sur le tombeau sont sculptés les apôtres. on assiste ainsi à l'histoire de la cathédrale de Pise.

          Il va s’ensuivre une discussion à propos de la puissance de l’Eglise. Doit-il y avoir deux pouvoirs l’un spirituel détenu par le pape, l’autre par l’empereur pour que la justice règne davantage ? Ces deux pouvoirs doivent-ils être équilibrés ou le pape doit-il tout maîtriser ?…

 

Ce que j’en pense :

 

          Ce septième tome est passionnant. On s’éloigne de l’intrigue et on voit très peu Angelo car c’est l’Histoire qui en est l’héroïne.

          La messe de Minuit est célébrée dans des conditions particulières puisque le pape est aux portes de la mort et que Rodrigo Borgia et Della Rovere s’opposent, se disputent la succession de façon encore larvée certes, mais chacun avance ses pions.

          Cette messe est splendide avec le rituel en latin, le décor dessiné de façon précise, assez extraordinaire sur le plan technique mais aussi les textes dans une belle écriture donnent l’impression d’entendre les chants. J’ai eu l’impression d’être une petite souris, cachée parmi les beaux atours des cardinaux, et autres prélats et j’entendais leurs voix s’élever. Magique.

         Dans la deuxième partie, Cesare qui s’est attardé devant le tombeau, dans le chœur de la cathédrale,  parle avec Silenzio et lui raconte ses réflexions, nées quelques années plus tôt lors d’une discussion avec son professeur Cristoforo Landino,  à propos des deux souverains, Henri IV et Henri VII, au travers des onze apôtres qui ornent la sépulture. On assise alors à une discussion passionnante sur les liens entre l’Eglise et l’Empire.

          Ceci  nous entraîne vers le combat entre l’empereur Henri IV et le pape Grégoire VII, chacun voulant régner et tenir l’autre sous sa coupe. « Le pouvoir du pape repose sur la foi du peuple alors que c’est par la force que l’empereur obtient son soutien ». Mais, les choses s’enveniment,  leur opposition aboutissant à l’excommunication de l’empereur puis l’entrevue de Canossa restée célèbre, une humiliation pour certains. « Au final, la meilleure des politique est toujours celle qui permet l’équilibre de ces deux pouvoirs… La dualité des pouvoirs est un rêve qui ne supporte pas l’épreuve de la réalité».

          Puis, une deuxième époque nous est racontée et expliquée avec les Guelfes et les  Gibelins à l’époque de l’empereur Henri VII et du pape Boniface VIII,  car deux ans plus tard la Papauté et l’Empire sont toujours en lutte. Et on assiste à l’entrée en scène de Dante qui naît à Florence, ville sous la coupe du pape et des Guelfes, et il s’en suit une étude approfondie de « La divine Comédie ».

          J’ai une fois de plus adoré !!! J’admire l’auteur Fuyumi Soryo pour son courage : s’attaquer à cette période de l’Histoire, des conflits, des manigances quand on est de culture japonaise, et la traiter de façon aussi claire, c’est très fort. N’oublions pas qu’elle aidée par un spécialiste de la  Renaissance Italienne qui s’attaque à la traduction de « La divine Comédie ».

          Bien sûr, Cesare le fait toujours autant rêver par son intelligence brillante, son sens de la politique, sa soif de tout comprendre, et son personnage s’installe de plus en plus dans ce manga, il s’étoffe…

          Ce tome 7 est brillant, mais doit être dur d’accès aux lecteurs qui ne sont pas en quête de mieux connaître l’histoire et qui s’intéressent plus à Angelo…

          NB: l’artiste, ainsi que Cesare l’avait déjà remarqué, a représenté seulement onze apôtres. A-t-il voulu insinuer ainsi que l’Eglise est imparfaite ?

 

Note : 9,2/10

 

L’auteur :

 

fuyumi-soryo-01Fuyumi Sōryō (惣領 冬実, Sōryō Fuyumi ) est née le 06/01/1959, c’est une mangaka de nationalité japonaise, dont le père est un maître du théâtre No.

Suite à un concours de manga pour le magazine Bessatsu comic où elle arrive à la 10ème place, Fuyumi Soryo décide de continuer dans cette voie non par réelle passion mais pour gagner de quoi vivre. Sa première histoire sort en 1982, Hidamari not houmonsha.

C'est la série Boyfriend qui la fera connaître, car elle montre ses talents d’auteur Shôjo ce lui permettra de remporter en 1988 le 33ème prix Shogakukan (Editeur).

Depuis, elle semble s’être lassée des schémas narratifs centrés presque exclusivement sur la relation amoureuse et laissé de côté le style shôjo pour s’orienter vers le magazine Seinen comme le montre son dernier manga Eternal Sabbath composée de 8 tomes.

Ensuite, elle se penche sur la Renaissance italienne pour créer son manga Cesare composé de 9 tomes.

 

Elle est aidée dans son travail de Mangaka par Motoaki Hara, né en 1967, diplômé de l’université de Tokyo des études étrangères. Muni, d’une bourse, celui-ci part pour l’université de Venise approfondir ses études sur la Renaissance italienne. Il est spécialisé dans la littérature et l’histoire italiennes, et prépare une nouvelle traduction en Japonais de « la divine comédie » de Dante.

 

 

Extraits :

 

 

          « Quand il se passionne pour un sujet, Cesare ne s’en éloigne pas avant de l’avoir exploré sous tous les angles. Dans ces moments, sa concentration impressionne même les tuteurs qui le suivent depuis l’enfance !

 

          Le lecteur se doit donc de garder un esprit ouvert et curieux ! un même texte peut prendre mille teintes différentes selon la manière dont on l’aborde !

 

          L’homme a tendance à se détourner de ce qui le gêne pour se laisser emporter par les thèses qui abondent en son sens. Rechercher la contradiction, accepter l’objection, tout ça n’est pas dans sa nature. Rares sont les puissants capables de remettre en cause leurs convictions. Lorenzo de Médicis est de ceux-là. »

 

 

Comme pour les tomes précédents, voici donc quelques planches.

 

 Cesare priant à la messe de minuit             Le pape Grégoire VII décidant l'excommunication d'Henri IV

 

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Et voici son professeur Cristoforo Landino

cesare_7 planche 3

 

et qui voit-on arriver? Vous le saurez la prochaine fois...

 

cesare_7 planche 4

 

Comme toujours je remercie les sites Yozone pour les planches  et planet bd

 

http://www.yozone.fr/spip.php?article17124

http://www.planetebd.com/manga/ki-oon/cesare/-/22409.html#image

Lu en février 2015