Je vous présente aujourd'hui mon cinquième livre dnas le cadre challenge 1% rentrée littéraire 2014.

Je me suis enivrée avec les bulles de la dame au chapeau!!!

 

Pétronille


 

Résumé

 

          Amélie aime le champagne, pas n’importe lequel bien-sûr : Veuve Clicot, Don Pérignon etc. On doit être prêt à recevoir le devin breuvage et pour cela, elle se livre à une véritable ascèse en s’imposant trente six heures de jeûne avant d’avaler la première flûte. On imagine en effet ce que cela peut donner au niveau du ressenti corporel !!!

          Mais, si peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, elle nous démontre avec brio qu’un champagne ne peut pas se déguster seule mais avec un autre amateur sinon le charme n’est plus là. On doit se trouver entre dégustateurs avertis.

          Elle part à la recherche d’une « convigne » et la trouve en la personne d’une de ses admiratrice, écrivain elle-aussi qui assiste à toutes ses séances de dédicace : Pétronille Fanto.

          Ainsi vont débuter des séances de cuites « champagnesques » (le mot n’est pas de moi je l’ai emprunté à un critique, je l’avoue, mais je n’ai pas trouvé mieux) où les deux femmes échangent des idées, sur la vie en général, puis sur leur vie personnelle, le métier d’écrivain, les petites jalousies, mesquineries et leurs vies vont s’entremêler pour notre plus grande joie.

          On passe aussi en revue le milieu de l’édition, par exemple, quand Amélie doit faire le tour des éditeurs pour proposer un manuscrit que Pétronille lui a confié.

 

 

Ce que j’en pense :

 

          Au début, Pétronille m’a quelque peu décontenancée car je n’arrivais pas trop à cerner sa personnalité, déjantée comme toujours avec Amélie. Puis l’ivresse m’a gagnée, et j’ai savouré les bulles en même temps qu’elles et j’étais prise au piège comme d’habitude avec Amélie Nothomb.

          On fait des rencontres improbables, un WE au ski alors qu’Amélie n’a pas mis les pieds sur des skis depuis l’âge 4 ans et arrive à prouver à Pétronille, plutôt championne que c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas et leur descente avec un bâton dans une main et une flute de champagne dans l’autre est ubuesque et nous fait rire, nous emporte avec elles dans leurs délires.

          La scène avec Viviane Westwood est extraordinaire aussi, car Amélie Nothomb censée la rencontrer pour une interview va se retrouver dans le rôle de nounou pour le chien de « l’artiste »…

          Autre scène hilarante : la décision de partir au Sahara pendant un an pour tout oublier et repartir à zéro, ce fameux besoin de faire le vide qui nous traverse de temps en temps et que l’ivresse peut nous permettre de mettre à exécution en libérant tous nos tabous, toutes nos entraves.

          Même quand elle se met en en scène, Amélie prend toujours soin de laisser le rôle de l’héroïne à la personne qui l’accompagne. Elle se comporte tantôt en mère poule, tantôt en compagne de beuverie, d’égale à égale mais ce n’est pas toujours facile pour un écrivain débutant ou ayant peu écrit, même si les livres sont des succès, d’exister à côté de l’auteure reconnue qui vit de se plume. Pendant la durée de leur relation, Pétronille écrit plusieurs romans qui semblent la faire sortir de l’anonymat, mais la rivalité arrive en même temps car elle n’est plus la fan qui suit son auteure préférée et correspond avec elle en quête d’autographes. La jeune groupie, qui avait l’air d’un garçon de 15 ans, a bien changé.

          Je me suis posée une question : dans ce livre Amélie Nothomb parle aussi sans citer le terme de la notoriété en comparant son statut d'écrivain qui vit de sa plume alors que Pétronille (qui existe vraiment) doit avoir des "jobs" complémentaires; si on m'avait présenté ce livre sous un nom d'auteur inconnu, l'aurai-je apprécié de la même façon? et bien je ne sais pas. J'aime son style vif, acerbe, libre, déjanté,  c'est vrai,peut-être l’aurais-je reconnue ?

          Bref, une fois de plus, la magie Nothomb a marché sur moi ; j’aime bien la dame au chapeau, je le reconnais, elle fait partie de mes auteurs doudou : je ne suis pas béate d’admiration par principe, parce que c’est le livre de la rentrée d’Amélie, et qu’on se doit de l’avoir lu. Non, je la lis avec plaisir car j’aime son côté déjanté dans sa façon d’écrire, son style, les délires dans lesquels on la suit avec délice (même si certains livres m’ont irritée ou déçue), quand on aime on est exigeant quand même du moins en ce qui me concerne.

          Certains de ses livres m'emballent ("la nostalgie heureuse" par exemple, "stupeurs et tremblements" "ni d'Eve ni d'Adam" ou "Antéchrista" d'autres glissent et laissent moins d'impact sur ma mémoire, juste un bon moment passé avec elle... en gros il y a les années champagnes et les années Clairette de Die ou autre.... je prends mon temps et le plaisir de déguster bulles et champagnes

          Je l’ai terminé un soir, en regrettant que le temps soit passé si vite, la tête pleine de ces petites bulles pétillantes et j’ai même eu la gueule de bois le lendemain.

          Donc pour moi un assez bon cru, si j’ose dire, car j’ai passé un bon moment, et la fin est inattendue. Elle ne joue quand même pas dans la cour des grands, mais elle nous distrait.

 

Note : 7/10

 

 

L’auteur :

 

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Amélie Nothomb avec champagne à la main

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pétronille  existerait vraiment, il s'agirait de Stéphanie HOCHET ????

Extraits :

 

 

          L'ivresse ne s'improvise pas. Elle relève de l'art, qui exige don et souci. Boire au hasard ne mène nulle part.

 

        Cette dépossession était un délice. J'ai compris que l'esprit du champagne approuvait ma conduite : je l'avais accueilli en moi comme un hôte de marque, je l'avais reçu avec une déférence extrême, en échange de quoi il me prodiguait ses effets à foison ; il n'était pas jusqu'à ce naufrage final qui ne soit une grâce.

 

          Le garçon avait apporté des cacahuètes, ce qui dénotait un curieux sens des valeurs. Autant lire Tourgueniev en écoutant « la danse des canards ». Pétronille n'y toucha pas à mon soulagement.

        J'ai tendance à boire vite, même quand c'est excellent . Ce n'est pas la pire manière de faire honneur. Le champagne ne m'a jamais reproché mon enthousiasme, qui ne correspond absolument pas à un manque d'attention de ma part. Si je bois vite c'est aussi pour ne pas laisser réchauffer l'élixir.

 

          Mon protocole de lecture est particulier. Pour atteindre la meilleure qualité d’imprégnation, j'ai observé qu'il me fallait lire couchée, de préférence sur un lit moelleux : plus profond sera le confort, plus la conscience de mon corps disparaîtra, et mieux je m'unirai au texte. Ainsi fut fait.

 

          J'ai une très grande expérience des séparations, je sais mieux que personne leur danger : quitter quelqu'un en se promettant qu'on va se revoir, cela présage les choses les plus graves. Le cas le plus fréquent, c'est qu'on ne revoit pas l'individu en question. Et ce n'est pas la pire éventualité. La pire consiste à revoir la personne et à ne pas la reconnaître, soit qu'elle ait réellement beaucoup changé, soit qu'on lui découvre un aspect incroyablement déplaisant qui devait exister déjà mais sur lequel on avait réussi à s'aveugler, au nom de cette étrange forme d'amour si mystérieuse, si dangereuse et dont l'enjeu échappe toujours : l'amitié

       

            Je dormais comme un ange. Le sable était si blanc, si lumineux, que j'avais l'impression de marcher dans de la neige. Au dessus de moi, je voyais un ciel pas croyable, des étoiles en surnombre, plus grandes et plus brillantes, comme des constellations d'il y a cent mille ans. J'en aurais pleuré de bonheur.

 

          - Qu'est-ce qui me prouve que je ne suis pas toi? Il n'y a pas de frontières entre les êtres Amélie, j'ai la sensation physique du champagne que tu as bu ce soir.

 

 

 

Lu en septembre 2014

 

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challenge ABC Babelio 2014