Je viens de terminer ce livre à la si attrayante couverture:

 

Puertolas le fakir

Résumé

 

C’est l’histoire d’un Indien Ajatashatru Lavash Patel qui se prétend fakir et réussit à convaincre les gens de son village de lui offrir une planche à clous spéciale que l’on ne peut trouver qu’à IKEA.

On lui offre donc le billet d’avion le moins cher et il arrive en France avec un billet de 100E imprimé d’un seul côté relié à un élastique invisible.

A peine débarqué à l’aéroport il prend un taxi pour le conduire au magasin,  et le chauffeur gitan, filou lui-aussi, fait un grand détour pour aller à celui qui est le plus loin bien-sûr. Escroqueur escroqué puisqu’il sera victime du faux billet d’où une poursuite tout au long du livre.

Aja  réussit à trouver la planche en question sur le catalogue mais elle ne sera disponible que le lendemain, il doit donc passer la nuit dans le magasin. Il rencontre Marie qui lui paye le repas à la cafétéria du magasin car il lui a fait croire qu’elle avait ses lunettes (truquées) en le bousculant. Il passe la nuit dans le magasin et surpris par des bruits, se cache dans une armoire que les employés vont empaqueter pour l’expédier.

Il va ainsi voyager dans plusieurs pays et rencontrer des personnages plus ou moins farfelus mais parfois attachants….

 

 

Ce que j’en pense :

 

Je n’ai pas été très convaincue. Certes, Aja est sympathique. C’est un filou au départ car il ne va pas léviter sur la planche à clous, il veut se la faire payer et la revendre et tout ce qu’il fait est une imposture en fait.

On rencontre des personnages divers comme Marie qui tombe dans le panneau et tombe (encore une fois) amoureuse de lui, car il a la parole facile et ses « trucs » l’amusent.

On  fait la connaissance de Wiraj un clandestin soudanais qui cherche à rejoindre l’Angleterre pour échapper à l’enfer et la pauvreté de son pays et l’auteur raconte bien le vécu quotidien de ces clandestins qui croient trouver l’Eldorado en quittant leur pays. J’avoue que le personnage pour lequel j’ai le plus de tendresse.

On rencontre au passage Sophie Morceaux qui lui sauve la mise à Rome (il a vidé sa malle Vuiton pour s’y cacher afin d’échapper au chauffeur de taxi) et pendant le vol il écrit un roman sur sa chemise en conversant avec un chien dans la soute et évidemment, on lui signe un contrat et une avance….  Un coup de griffe aux nantis généreux qui se donnent bonne conscience en aidant un « clandestin », mais là encore, la ficelle est trop grosse.

L’idée du livre dans le livre, quand Aja se découvre écrivain aurait pu elle-aussi, être exploitée davantage.

Il y a des jeux de mots rigolos sur la façon de prononcer son nom, « j’attache ta charrue, la vache», « achète un chat roux », mais on s’en lasse vite. On trouve aussi, l’idée de la boîte de chocolats cher à Forest Gump : « quand on l’ouvre, on ne sait jamais sur quoi on va tomber.

L’auteur essaie de nous montrer que notre vie peut changer au fil de nos rencontres et des leçons qu’on tire de ce qui nous arrive. Bon, d’accord, mais il n’est pas très convaincant. Il aurait pu exploiter davantage la critique de l’espace Schengen et la condition de vie des clandestins.

Comme j’ai quand même ri un peu, et du fait  je viens de lire plusieurs très bons romans donc cela fausse peut-être la donne. C’est dur de passer après « pietra viva », « profanes », « Kinderzimmer» et mon cher Eduard Einstein, pour ne citer que ceux-là. D’où la note…

Une question : pourquoi ce livre a-t-il eu autant de succès ? peut-être ne suis-je simplement pas sensible à son humour..

Note : 6/10

           

 

L’auteur :

 

                 Je n'ai rien trouvé alors je vous livre cet extrait publié par Dilettante ....

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Romain Puértolas est né à Montpellier en 1975. Ballotté entre la France, l'Espagne et l'Angleterre, il devient DJ turntablist, compositeur-interprète, professeur de langues, traducteur-interprète, steward, magicien, avant de tenter sa chance comme découpeur de femmes dans un cirque autrichien. Évincé à cause de ses mains moites, il s'adonne alors à l'écriture compulsive. Auteur de 450 romans en un an, soit 1,2328767123 roman par jour, il peut enfin ranger ses propres livres sur les étagères de sa bibliothèque Ikea et en cacher ainsi les affreuses fixations en plastique.

 

 

Extraits :

 

Et puis, elle avait un âge où si elle voulait quelque chose, elle le prenait tout de suite. La vie passait à une vitesse folle maintenant. Comme quoi, une petite bousculade dans la queue d’un Ikea pouvait parfois donner plus de résultats que trois ans d’abonnement à Meetic. P  37

 

Des fois, il suffit que les gens vous voient d’une certaine manière, qui plus est si l’image est valorisante, pour vous transformer en une belle personne. P 46

 

Il ne faut pas tenter le diable, répétait-il (Gustave le chauffeur de taxi) à ses collègues depuis l’incident, même s’il ne s’habille pas forcément en Prada. P 55

 

Avoir le cœur qui frappe fort dans la poitrine chaque fois que le camion ralentit, chaque fois qu’il s’arrête. La peur d’être découvert par la police, recroquevillé derrière un carton, assis le cul dans la poussière au milieu de dizaines de caisses de légumes. L’humiliation. Car même les clandestins avaient leur honneur. P 78

 

Ils allaient retenter la traversée vers le Royaume-Uni. Ils avaient cru en leur terre promise comme les premiers colons avaient cru en l’Amérique lorsqu’ils avaient découvert les côtes à l’horizon. P 108

 

Alors l’homme enleva sa chemise, prit son crayon en bois Ikea et se mit à écrire sur le tissu, là dans les ténèbres, le récit dont son esprit accouchait. P 131

 

 

Lu en janvier 2014

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