je vous fais partager aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, un livre de science fiction pour adolescents (et adultes aussi...) que j'ai découvert grâce à m'opération masse critique de babelio.

 

Le rebelle Schram et Harisson II de Sabine du Faÿ

 

Schram et Harisson 2 le rebelle

 

 

L’action se passe sur la planète Terre dans 200 ou 300 ans. Harisson, petit garçon timide de 11 ans a perdu sa mère très jeune et son père, un homme dur est membre du parlement terrestre dont les membres sont sous l’emprise d’un ordinateur central : « la voix » auquel tout les monde doit obéir.

Harisson n’est pas un petit garçon comme les autres car il n’a pas été atteint par les effets de l’Engourdisseur dans lequel on plonge tous les enfants à la naissance de façon à les rendre malléables, dépourvus de pensées, de créativité.

Comme il a refusé d’entrer dans le moule il a été condamné au bagne et se retrouve exilé sur la lune enveloppé dans un scaphandre pour pouvoir respirer avec son fidèle robot de compagnie Schram (cf. tome 1 : le défi publié en 2010).

Harisson purge sa peine sur la lune de laquelle il peut contempler la Terre. Le jour de ses douze ans, on vient le délivrer alors qu’il reste juste assez d’air pour le retour et Schram jugé trop déglingué pour être utile, est laissé sur la lune.

De retour sur terre, il va entrer à l’Université d’Administration et ne pourra pas revoir la petite fille dont il est secrètement amoureux Pat affublée elle-aussi d’un robot de compagnie frivole obsédée par son maquillage prénommée Lucie.

Harisson doit passer une visite médicale où on lui tatoue un Numéro : il sera désormais 333  333. Il soit subir en fait un véritable formatage. Ce que veux la voix, c’est remplacer les humains par des robots dociles et qui dureront plus longtemps et surtout qu’on n’aura plus besoin de nourrir ce qui coûte cher.

Pendant ce temps, Schram rencontre un voyageur inter stellaire qui le raccompagne sur la terre (que lui-même appelle l’Aquarium car elle est recouverte d’océans, planète dont il ne faut s’approcher à aucun prix.

Mais Harisson ne va pas se laisser faire. On l’a affublé d’un autre robot de compagnie Schram 2 beaucoup plus sophistiqué que Schram mais aussi beaucoup plus sévère.

On découvre donc toutes les péripéties par lesquels passent nos héros pour échapper à la voix, garder leur liberté de penser, échapper à un destin terrible.

 

Ce que j’en pense :

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Tout d’abord je remercie chaleureusement Babelio Masse critique, Les Editions du Jasmin et Sabine du Faÿ qui m’ont, fort sympathiquement, fait parvenir ce livre.

Je n’ai pas lu le premier tome de Schram et Harisson (le défi). Cela ne m’a pas trop manqué, je suis allée voir ce que je trouvais sur Babelio et Internet. J’ai eu du mal au début car c’était mon premier contact avec ce genre de littérature. Et puis, en insistant j’ai fini par m’attacher à Harisson et je l’ai lu ensuite pratiquement d’une traite.

Le livre s’adresse à des adolescents et l’histoire peut se lire à plusieurs degrés : la lutte des gentils contre les méchants, et tous les obstacles qu’ils doivent affronter pour retrouver la gentille petite fille. Harisson doit passer des tas de tests dont le seul but est de le lobotomiser.

 Il y a une deshumanisation au sens littéral du terme : greffe de sa main pour que le corps se robotise, alimentation par injection : des machines géantes rasent les champs de carottes ou brocolis ou maïs ou épinards et on fait des bouillies (1 différente par jour) qu’on injecte dans le corps et il ne faut pas bouger sinon la seringue s’affole et pique n’importe où…

Les médecins ne sont là que pour faire des expérimentations pour parfaire la robotisation finale. Mais il y a quand même, l’histoire d’amour entre Harisson et Pat et aussi une allusion à l’entraide (quand il a été avalé par la Voix, Harisson essaie de s’en sortir et emmène un autre enfant avec lui qui l’aide…

Mais, on peut faire aussi un parallèle avec notre société actuelle qui se robotise d’une part et qui se laisse formater par les médias, internet, les réseaux sociaux, la téléréalité pour abrutir les gens et les empêcher de penser pas eux-mêmes.

Les machines agricoles géantes rappellent l’agriculture intensive actuelle et les « bulldozers » qui raclent les fonds marins, et les perfusions évoquent la malbouffe.

La Voix, montre comment on peut lobotomiser les gens, les rendre dociles, obéissants, méthodes bien connues des gourous, des sectes ou des diktats religieux. On ne peut s’empêcher de penser à « la solution finale » d’Hitler….

Bref, un livre très intéressant, qui s’adresse en fait à tout le monde, chacun pouvant y réfléchir selon son âge, sa sensibilité… un livre que j’ai eu du plaisir à lire, mais ce n’est quand même pas ma tasse de thé, d’où la note.

Quand à l’écriture, elle est vive, déliée, fluide, les phrases sont courtes et c’est ainsi que Sabine du Faÿ nous entraîne facilement avec elle dans un monde pourtant difficile et terriblement sombre.

Ah j’oubliais !! je pense que je lirai le tome 1…

 

Note : 6/10

 

L’auteur :

 

3775 sabine du fay

Sabine du Faÿ est née en 1962. Après avoir été assistante commerciale avant de se lancer en 2006 dans l’écriture pour la jeunesse en publiant chez Thierry Magnier Le rêve de Rahim. Elle récidive en 2010 aux éditions du Sorbier avec l’album Le petit bossu illustré par Sébastien Mourrain. L’enfant, le renne et le loup est son troisième ouvrage

 

Elle est aujourd’hui fonctionnaire au Ministère de l’Intérieur et habite Paris. Mais ça, c’est pendant le jour ! La nuit, elle écrit des histoires et des contes.

 


Elle a publié des livres pour la jeunesse chez Seuil Jeunesse, Le Sorbier et Lito.

 

 

Extraits :

 

            Il resta immobile, humant les senteurs de la terre et du végétal. Le monde minéral de la Lune lui avait fait oublier l’existence des odeurs. Le robot se sentit revivre. Il  avait l’impression que la Terre respirait au même rythme que lui.

 

            Il y avait quelque chose qui clochait, mais quoi ? Harisson mit tous ses sens en alerte.

            Et puis ce fut le choc terrible.la révélation à la façon d’une déflagration ! Ces enfants n’étaient pas nés d’un père et d’une mère ! Ou plutôt, ils étaient nés d’un père et d’une  mère qui ne venaient pas du monde des humains ! Du monde de ceux qui avaient du sang et des os.

 

            Il le savait : à présent ses jours et les jours de la plupart de ses compagnons étaient comptés. A quoi bon conserver le monde des humains s’il existait un monde plus performant, peu soumis aux ravages du temps et programmable à volonté ? La sélection allait se faire ! La sélection… Seuls ceux qui étaient doués pour devenir de parfaits robots à la suite d’une greffe de titane réussie ne seraient pas éliminés.

 

Lu en décembre 2013

 

 

challenge ABC Babelio 2013