Et voici mon  4ème roman de la rentrée littéraire 2013

 

challenge albumLes perroquets de la place d'Arezzo par Schmitt            Source: Externe

                                                                                                

 

Résumé

 

Dans ce roman, l’auteur nous parle de quinze couples en racontant leur vie sentimentale et surtout sexuelle, et comment celle-ci va être transformée après avoir reçu une lettre anonyme. Pour la compréhension du texte je mettrai une astérisque à côté du personnage qui reçoit la lettre.

On rencontre : successivement dans la première partie du livre intitulée « Annonciation » Zachary Bidermann*, économiste renommé, commissaire Européen, à la sexualité débordante et sa femme Rose immensément riche. (Cela vous rappelle quelqu’un ?).  

Ensuite Faustina* et son ami Dany, Baptiste, écrivain qui planche sur la fidélité dans son dernier ouvrage sur la planche (« encyclopédie de l’amour ») et Joséphine*.

On découvre ensuite Eve* qui collectionne les amants et Hubert.

 Patricia* mère manquant de tendresse, subjuguée par Hippolyte le jardinier et vivant avec son adolescente de fille Albane.

 François-Maxime* et son 4x4, qui se livre à des relations homosexuelles au hasard en se promenant à cheval dans les bois, marié à Séverine et père de quatre enfants.

Mademoiselle Beauvert* et son perroquet discutant avec sa femme de ménage Marcelle* concierge de l’immeuble qui héberge  un clandestin, celui qu’elle appelle son « Afghan » dont elle est amoureuse.

Albane et son copain Quentin*, (elle lit la lettre, se la croit destinée mais Quentin revient la chercher), Wim* marchand d’art et sa secrétaire Meg, bourrée de complexes car se trouve trop grosse, amoureuse de son patron bien-sûr.

Vous suivez toujours car la liste n’est pas finie !!! Ludo*, qui a une estime de lui inexistante, mais qui a quand même créé un journal, discute avec Tiffany qu’on pourrait qualifier d’asexué.

 Victor, tiens là ça change le chapitre commence par la réception de la lettre !) Aimé de tous les gens du quartier.

Diane, plongée dans la lecture de Nietzsche qui reçoit la visite d’un inconnu qui la laisse dans son appartement ligotée, bâillonnée et les yeux bandés, après une expérience sado-maso et son mari Jean-Noël.

Ensuite apparaît Xavière* fleuriste acariâtre, copine de Séverine,  la femme de François-Maxime mariée à Orion qu’elle fait passer pour atteint de la maladie d’Alzheimer car il a un comportement étrange.

Puis, Tom* et Nathan* couple homosexuel un peu caricatural (Nathan, efféminé,  nous fait penser à Albin dans la cage aux folles), chacun croit que c’est l’autre qui a envoyé la lettre.

Patience !  Les présentations sont bientôt finies puisqu’il nous reste Hippolyte le beau jardinier qui lui trouve la lettre sur un banc en tondant la pelouse avec son équipier Germain, petit gringalet en admiration devant Monsieur muscles.

Bon, on a fait le plus dur, tout le monde a été présenté mais il vaut mieux prendre des notes pour s’y retrouver.

Dans la deuxième partie, appelée : « Magnificat »,  nettement plus intéressante, on voit les comportements des personnages évoluer en fonction de la lettre car chacun se livre à des spéculations. Et, bien-sûr la sexualité de chacun se dévoile. Ce que je vous laisse découvrir.

 

Ce que j’en pense :

               

En gros le livre devient vraiment intéressant si on réussit à arriver à la fin de la première partie, c'est-à-dire la 157e page….

Il compose chaque partie d’un prélude, suivi d’un chapitre consacré à un couple et son évolution. Dans la 2e partie « MAGNIFICAT », le prélude nous explique la présence de tous ces oiseaux exotiques qui bavardent sans cesse dans les arbres de la place; l’intrigue se tisse réellement, et on plonge dans le livre, happé comme d’habitude par le style d’E.E. SHMITT.

Elle se précise davantage dans la 3ème partie intitulée : »REPONS » où on passe de la description des personnages à leurs comportements.

Quand à la 4ème partie : « DIES IRAE », elle nous explique la loi de causalité, c'est-à-dire le fait que toute action a des répercussions.

On a droit quand même, dans ce livre à un catalogue de ce qu’il n’y a pas si longtemps, (première partie du XXe siècle Cf. Freud « névroses, psychoses et perversions ») on appelait les perversions sexuelles ou les déviances.

On assiste à la dégringolade d’un homme politique en vue, avec une importante addiction au sexe alors que sa femme est dans le déni : comment peut-il faire cela alors qu’il me fait l’amour deux fois par jour ?

On note les tourments de l’homosexualité masculine : certains l’assument très bien en sur jouant comme Nathan que l’on peut aussi qualifier de provocateur par ses vêtements, ses expressions corporelles et verbales qui font penser à Lagerfeld au passage. D’autres l’assument moins bien c’est le cas de son compagnon Tom qui dans un premier temps veut bien partager sa vie et vivre ensemble pour se rétracter ensuite.

D’autres se cherchent comme François-Maxime qui a des aventures sans lendemain avec des inconnus rencontrés au hasard de ses promenades à cheval. Il ne peut même pas prononcer le mot « homosexuel » et se cache derrière son couple modèle.

L’auteur aborde aussi l’homosexualité féminine, avec Xavière et Séverine, la femme de François-Maxime, qui semblent assumer mais, on retient quand même une caricature avec le côté masculin de Xavière, hautaine, désagréable qui dirige et constitue le prototype inverse de Nathan.

Patricia et Hippolyte se rencontrent et passent à l’acte à cause de la lettre sinon, lui, n’aurait jamais osé. Patricia est très complexée par ses kilos en trop, son adolescente qui la bouscule ; donc le peu d’estime qu’elle a d’elle-même la font douter : comment ce bel homme peut-il être amoureux d’elle, si peu désirable.

Les adolescents sont touchants. Ils s’initient à l’amour donc le voit avec des yeux purs, peu teintés de sexualité : ils s’aiment, ils feront l’amour mais en temps voulu car la maturité n’est pas encore là. Elle passe par une initiation pour Quentin qui s’éveille à la vie sexuelle grâce à la maîtresse en titre de son père François-Maxime, et Albane, mal dans son corps d’adolescente qui se déguise « en pute » mini-jupe, maquillage outrancier pour séduire Hippolyte l’amoureux de sa mère Patricia.

Il y a aussi ceux qui s’inventent une vie sexuelle comme Marcelle, la concierge qui décrit ses amours torrides avec son « Afghan ».

Ludo qu’on a du mal à classer et qui vit très bien le fait d’avoir une vie chaste en se disant asexuel dont les relations avec sa mère flirtent avec l’inceste mais s’il est épistolaire. Si j’ai le béguin pour une fille, je vire plus con qu’une poule et moins entreprenant qu’une moule. La fille que j’aime devient la fille dont je ne m’approche pas, la fille à laquelle je ne parle plus, la fille devant laquelle je détourne les yeux. p 110.

 

Il évoque aussi avec Victor, le virus du SIDA attrapé in utero, qui se considère comme pourri et ne peut envisager aucun avenir sans transmettre la mort et avec Oxana, maladroite dans son corps, trouble dans son passé.

En parallèle E. E. SCHMITT évoques d’autres addictions, le jeu, l’alcool et aussi le travestisme et en même temps les secrets de famille qui peuvent engendrer ces comportements.

On retrouve le couple sado-maso échangiste, l’exhibitionnisme (Petra qui est présentée nue entourée de fruits de mer lors d’une soirée chic) et pour terminer le plus drôle la relation amoureuse de Melle Beauvert et son perroquet au don de  télépathie nommé Copernic !!!! Là, on est dans le domaine de la sensualité. (Un passage amusant : Melle Beauvert parcourant la ville à la recherche de son perroquet qui s’est échappé).

E. E. SCHMITT s’est lancé dans ce livre dans un registre surprenant mais il faut prendre tout cela au premier degré certes mais aussi au second degré car derrière tout cela il y a des souffrances physiques et morales, il y a les journalistes qui persécutent tout le monde pour avoir une info sur Zachary, c’est tellement jouissif d’assister à la dégringolade d’un homme en vue : n’est-ce pas un fonctionnement pervers ? Tout comme celui de Petra artiste sur le déclin qui n’hésite pas à utiliser les grands moyens pour qu’on parle d’elle dans les journaux, profitant sans vergogne de la détresse d’une autre femme qui elle est une vraie victime.

Chacun se délecte comme il peut, mais sous une apparence qui se voudrait humoristique se cachent perversité et perversion ou simplement recherche du plaisir par la sensualité, ou sexualité dans le seul but de se reproduire selon ce que l’on veut y voir.

Quand à la lettre anonyme, certains protagonistes cherchent de qui elle émane, et on ne le saura que dans le postlude joliment appelé « LUX PERPETUA »

En conclusion, je dirai que ce livre m’a plu car il fait réfléchir sur des comportements, des modes de vie qui semblent bien intégrés dans la société actuelle mais l’obscurantisme et n’est jamais très loin. Et surtout, franchissez le cap de la 1ère partie quitte à prendre des notes, car le reste vaut le coup.

Je mets un bémol car si c’était par ce roman que j’avais découvert l’univers de cet auteur, je n’aurais peut-être pas franchi le cap de la première partie…

 

L’auteur :

 

          

      

E E SHMITT 1

  Dramaturge, romancier, nouvelliste, essayiste, cinéaste, traduit en 50 langues et joué dans autant de pays, Eric-Emmanuel Schmitt est un des auteurs les plus lus et les plus représentés dans le monde. Il a été récompensé par l'Académie Française en juillet 2001 avec le Grand Prix du théâtre, pour l'ensemble de son oeuvre. En 2009, Ulysse from Bagdad lui a valu le Prix des grands espaces littéraires. En 2010, il a obtenu le prix Goncourt de la nouvelle pour son recueil Concerto à la mémoire d'un ange.


Son roman La Femme au miroir lui a valu en 2011 le prix du roman historique, Prix Agrippa d'Aubigné.
Eric-Emmanuel Schmitt a été reçu cette année à L'Académie Royale de langue et de littérature françaises de Belgique au fauteuil 33 qu'occupait Hubert Nyssen, et qu'ont occupé Colette et Cocteau.
Co-directeur du Théâtre Rive Gauche à Paris, Eric-Emmanuel Schmitt y a vu jouée son adaptation théâtrale du Journal d'Anne Frank, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, etc.


                            

 

E E SCHMITT 2

Pour des informations sur la prochaine programmation du théâtre, rendez-vous sur http ://www.theatre-rive-gauche.com/ et auprès de Pierre Cordier : pcpresse@live.fr.
Eric-Emmanuel Schmitt se lance également pour cette rentrée dans la bande dessinée avec la complicité graphique de Janry. Les aventures de Poussin 1er est à paraître chez Dupuis le 6 septembre prochain

 

 

 

Extraits :

 

            Dans L’ANNONCIATION :

 

Comment de telles bêtes, issues d’horizons lointains, d’origine indienne, amazonienne, africaine, pouvaient-elles vivre à Bruxelles, libres, en bonne santé, malgré le climat maussade ? Pourquoi au cœur du quartier le plus huppé ? »

           

Jamais, ils ne nourrissaient leurs échanges de sujets particuliers, ils s’en tenaient aux sujets généraux : des enfants de Rose avec ses maris précédents, ils ne parlaient pas ; des enfants de Zachary avec ses épouses antérieures, ils ne parlaient pas non plus, préférant deviser comme deux étudiants de sciences politiques, délestés des tourments familiaux, des avanies domestiques. La santé de ce couple de sexagénaires tenait à l’amnésie sur leurs mariages et sur leurs conséquences »

 

Pendant qu’il mangeait, elle ne pouvait s’empêcher de fixer ses doigts et de se mettre à la place de ce qu’il touchait ; elle avisa sa bouche et devint le croissant qu’il mâchait, observa sa pomme d’Adam occupée à déglutir et se prit pour le café qu’il ingurgitait p 27.

 

Ce sujet, « Fidélité » l’embarrassait, car il n’appelait qu’une réflexion binaire : on était pour la fidélité, ou contre. Triste, non ? Soit on soutenait le serment classique du mariage, l’idéologie religieuse, sociale, bref l’ordre établi ; soit on le pourfendait au nom de la liberté. La thèse et l’antithèse édifiaient une prison. Entre le conformisme et l’anticonformisme, il ne trouvait pas son espace. p 31.

 

Oui, il y a une minute, elle aurait été capable de livrer son secret car il y a des instants où l’on voudrait ébruiter ce qu’on cache depuis toujours, les mystères qu’on a tenu celés le plus longtemps, parce qu’ils nous définissent, parce qu’ils se confondent avec notre identité, parce qu’ils permettraient d’affirmer : c’est moi. P 77.

 

Il faut demeurer étranger à l’homosexualité pour croire qu’un homme n’aime que lui-même dans un autre homme, cultive son reflet.  Vieux résidu du freudisme, ça, considérer l’homosexualité comme un érotisme au miroir. P 145.

 

Dans MAGNIFICAT :

 

            Dès qu’ils souffraient, les gens l’intéressaient davantage que lorsqu’ ils allaient bien. Elle, qui mégotait une sortie à une amie, s’avérait disponible si on l’hospitalisait ; on l’invitait, plus facilement à un enterrement qu’à un souper. La vulnérabilité, voire l’agonie des autres, l’amenait à se sentir plus forte, plus vivante ; elle y puisait de l’énergie comme un oiseau charognard. P 229.

 

            Diane adorait la sexualité inventive. En réalité, Jean-Noël se demandait si elle n’aimait pas davantage l’invention que le sexe, tant le plaisir qu’elle éprouvait venait de la nouveauté des situations et de leur mise en scène. Coucher avec lui de manière légale, bourgeoise, répétitive, lui inspirait des bâillements qu’elle ne dissimulait pas. P 243.

 

            Patricia l’avait envoûté. Ce qu’il avait deviné d’elle à travers son physique, les heures récentes le lui confirmaient : elle n’était pas une femme, plutôt la femme, celle d’où nous venons, celle où nous retournons, la matrice de l’amour, à la fois mère et amante, le point de départ et le point d’arrivée. P 282.

 

            Si dans un premier temps, le désir avait justifié leurs étreintes, celui-ci s’était quintessencié : elles n’avaient pas besoin de faire l’amour – de l’offrir, de le recevoir. La sensualité n’avait , donc été qu’un prétexte, celui qui avait poussé Xavière un jour à embrasser Séverine entre deux portes, celui d’avoir autorisé Séverine à attirer Xavière jusqu’à son boudoir. P 305.

 

Dans REPONS :

 

            Elle venait d’échapper à un gigantesque danger, une force inconnue qui aurait pu la vaincre, une force mystérieuse qui l’aurait amenée à préférer le bonheur de Quentin au sien, une force intolérable qui l’aurait conduite à s’oublier, une force généreuse qui aurait détruit ses intérêts au lieu de les fortifier.

Cette force étrange, si elle ne l’avait pas aussitôt vaincue, elle aurait pu la baptiser de son juste nom : l’amour. P 344.

 

Parler comme il écrit, pour un écrivain, n’est pas lire un texte composé mais retrouver face au public l’audace inventive de la solitude, donner le spectacle d’un esprit  en action. Il devait montrer le feu, pas l’objet froid ; le travail, pas le résultat. P353.

 

Séverine faisait une dépression, cela devenait patent : sa mélancolie constante, son incapacité de décider, son indifférence quasi généralisée montraient qu’elle avait perdu ce qui tient un vivant debout : le désir. P 438.

 

Chapitre 15 : très belle analyse de ce qui séduit dans le langage corporel de Zachary au travers d’une émission de télévision où il flirte avec la journaliste qui mène l’interview, avant de commettre l’irréparable quelques heures plus tard.

 

Dans DIES IRAE :

           

            Fréquentant les night-shops, les friteries, discutant brièvement avec les commerçants, il découvrait le peuple de la nuit, différent, ouvert à la différence. Maintenant, il ne lui semblait plus que Bruxelles comprenait deux villes, la francophone et la flamande, mais quatre, puisque s’y superposaient la ville du jour et la ville de la nuit. P 533.

 

            La perversion sexuelle rassure. Les gens la comprennent.

            Une sexualité tordue restait une sexualité. Les gens toléraient l’espèce d’urgence qui jette un corps sur un autre, quel que soit le résultat… « Ma mère préfèrerait presque que je saute les chèvres ou que je coure après les vaches. Mère indulgente d’un zoophile, elle serait disposée à le devenir! (mère)  Elle militerait. Elle irait voir le roi pour qu’il m’ouvre se écuries une fois par an. Par contre, moi tel que je suis, non !    

Sa mère illustrait l’écume de son époque qui mettait la sexualité au dessus de tout. En d’autres siècles, le cas Ludovic aurait posé moins de problèmes : il aurait pu se réfugier dans un ordre religieux, il aurait pu prétendre pratiquer l’abstinence. P 561.

 

Il resta très longtemps auprès d’elle. Ce jeune docteur ne croyait pas qu’à la médecine, il croyait au médecin : diagnostiquer et prescrire ne résumait pas son action, il désirait aussi écouter, comprendre, rassurer, engager le patient vers son avenir. Humaniste et scientifique à la fois, il estimait donner des soins, c'est-à-dire entrer en contact avec la personne. A ses yeux, ce lien comptait autant que les recours à la pharmacopée et devait se poursuivre en chaque circonstance, même en cas d’échec thérapeutique. P 583.

 

Pour les fillettes de treize ans déjà soucieuses des garçons, ils éblouissaient, figure de l’idéal… laquelle aurait soupçonné que ces deux êtres superbes au physique triomphant s’estimaient infirmes ? Elles croyaient voir des cygnes ; ils se pensaient vilains canards, ratés, insuffisants. Seule la conscience de leur misère les avaient rendus forts. Dépourvus d’arrogance, Victor et Oxana se savaient vulnérables, blessés, infiniment mortels et c’était dans l’idée de la mort, jointe à la difficulté de vivre, que s’était scellé leur amour. P 670.

 

« Un coup de foudre, c’est aussi mystérieux en art qu’en amour. Cela n’a rien à voir avec une première fois car ce qu’on trouve s’avère souvent être déjà là. Plutôt qu’une découverte, c’est une révélation. Révélation de quoi ? Ni du passé, ni du présent. Révélation du futur… cela relève de la prescience le coup de foudre… la durée se plisse, se tord, et voilà qu’en une seconde jaillit l’avenir. Nous voyageons dans le temps. Nous accédons non à la mémoire d’hier mais à la mémoire de demain… p 693.  

 

 

           

Lu en novembre 2013