"Mazarin voulait la paix à tout prix: la paix des peuples bien sûr, mais aussi la paix des princes, car pour Anne qui fut à quatorze ans, échangée contre Elisabeth de France, la fille d'Henri IV et future épouse de Philippe d'Espagne sur la rivière Bidassoa, à la frontière des deux pays, l'heureuse conclusion de toutes ces luttes passait par une union entre son fils aîné et Marie-Thérèse, sa niéce. la limpieza de sangre, cette vertu héritée de l'Inquisition, qui commande aux vieux chrétiens de favoriser les unions entre mêmes familles pour ne pas souiller leur souche avec des sangs impurs, confinerait ici au sublime"

"C'est là-bas, sur les voiles de frégates, sur ces terres viergesdont il lisait les récits faits par les explorateurs, que se jouait l'avenir du royaume.La vieille Europe était un rêve terminé. Pour Fouquet, le devenir de la  France, ce n'était pas les ors ternis de l'Espagne ou la poussière des Habsbourg, c'était lè-bas, l'Acadie, les Antilles, la Nouvelle-France. C'était l'air pur des océans."

"Princesse mariée à quatorze ans, elle se remet entre les mains de Dieu pour traverser les mille et un chausse-trappes de la cour de France, entre un roi qui se détourne d'elle et un peuple qui la déteste. Entre les mains de Dieu encorepour subir ces vingt-deux années de stériliré, ces soupçons, ces menaces de répudiation. Jusqu'à la naissance providentielle de son fils aîné, Louis Dieudonné (futur)"

"le temps a gommé les aspérités de son caractère et enraciné sa majesté naturelle. Anne d'Autriche est un soleil noir. Autour d'elle, tout s'éteint et se fige. Elle ne se presse pas."

"Le temps hier figé se dégèle soudain. Il coule tel un torrent libéré. Il s'échappe par leurs paumes brûlantes et leurs iris dilatés. Qu'il est bon enfin de s'épancher, de vibrer à l'unisson, de sentir chaque fibre de soi se mêler avec volupté à l'être aimé enfin retrouvé"